« Un enfant n’a pas forcément les mots pour expliquer ce qu’il a vécu » : à Menton, une « salle Mélanie » pour recueillir la parole des mineurs victimes

Inauguration de la salle Mélanie à Menton : un espace dédié aux mineurs victimes

Une entrée discrète dans un immeuble non loin du centre-ville de Menton abrite la nouvelle salle Mélanie, inaugurée le 23 juin 2026. Cet espace a été conçu pour recueillir la parole des enfants victimes de violences sexuelles, de maltraitance ou de violences intrafamiliales, dans un cadre rassurant et adapté.

La salle Mélanie se distingue par son décor accueillant, avec des jouets disposés sur des étagères et des petits fauteuils adaptés aux enfants, remplaçant les bureaux austères habituels des commissariats. Le nom de cette initiative fait référence à la première enfant ayant bénéficié de ce type d’audition dans un cadre judiciaire.

« Les enfants sont des victimes très particulières pour lesquelles nous devons avoir des modalités d’audition spécifiques », explique le commissaire Yannick Dupin, chef de la circonscription de Menton. « Le but est de sanctuariser leur parole et de faire en sorte qu’ils puissent être accompagnés au mieux. »

Cette salle est la sixième inaugurée dans le département, et tous les commissariats sont désormais équipés de leur propre salle Mélanie. Le coût des travaux pour la salle de Menton a été d’environ 20 000 euros, dont 13 000 euros financés par la Région Sud.

Destinée principalement aux enfants de 2 à 10 ans, la salle est utilisée dans les enquêtes sur des violences sexuelles et intrafamiliales, mais aussi dans toute situation où l’intérêt de l’enfant est en jeu. Les témoignages recueillis sont intégralement enregistrés en audio et en vidéo, permettant de préserver la parole de l’enfant tout en minimisant le traumatisme lié aux auditions répétées.

Pour le procureur de la République, Damien Martinelli, « la parole de l’enfant est centrale dans ces dossiers ». Il souligne que cette salle permet de recueillir des témoignages dans les meilleures conditions possibles, prenant en compte aussi bien le langage verbal que non verbal.

L’ouverture de la salle Mélanie intervient dans un contexte où la police judiciaire de Nice a traité près de 500 dossiers d’atteintes sexuelles ou de violences graves sur mineurs au cours de l’année écoulée. Les autorités judiciaires insistent sur la nécessité de conjuguer spécialisation et qualité du travail d’enquête pour faire face à cette problématique complexe.

La salle Mélanie s’inscrit dans un dispositif plus large, intégrant enquêteurs spécialisés, formations dédiées et structures d’accompagnement pour garantir que les enfants victimes soient entendus dans les meilleures conditions et que la qualité des enquêtes judiciaires soit préservée.

Source : Nice-Matin

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *