Le réalisateur français Luc Besson à la 49e édition du Festival de Deauville, le 2 septembre 2023. LOIC VENANCE / AFP
La cour d’appel de Paris a refusé le 23 juin de rouvrir l’enquête sur des accusations de viol portées par l’actrice Sand Van Roy contre le réalisateur Luc Besson. Bien que le parquet ait requis la réouverture de l’enquête suite à un nouvel élément matériel présenté par la plaignante, la justice a jugé que cet élément n’était pas suffisant pour relancer l’investigation.
L’avocat de Sand Van Roy, Me Antoine Gitton, a annoncé son intention de se pourvoir « immédiatement en cassation ». Cette affaire, qui a débuté en 2018, s’inscrit dans le cadre du mouvement #MeToo en France.
• La justice refuse de réouvrir l’enquête Besson
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a rejeté la demande de réouverture de l’enquête, considérant que l’élément supplémentaire apporté par la plaignante n’était pas de nature à relancer l’investigation. Lors d’une audience à huis clos le 2 juin, la procureure avait exprimé des doutes sur la définition de ce qu’est une charge nouvelle.
Dans un communiqué, Me Thierry Marembert, l’avocat de Luc Besson, a déclaré se féliciter de cette décision, estimant que l’affaire avait déjà été jugée à plusieurs reprises.
• Quel était cet « élément nouveau » ?
L’affaire Besson a débuté avec une plainte pour viol déposée en 2018 par Sand Van Roy, alors âgée de 30 ans, qui accuse le réalisateur de l’avoir violée le 18 mai 2018 à l’hôtel Bristol à Paris. Elle a déclaré que Besson lui avait imposé une pénétration digitale sans son consentement, tandis que ce dernier soutient que les relations étaient consenties.
Après une enquête préliminaire classée sans suite en 2018, une instruction a été ouverte en 2019, mais un non-lieu a été prononcé en 2021, confirmé en 2023 par le rejet du pourvoi en cassation. Sand Van Roy a ensuite demandé la réouverture de l’instruction en 2025, présentant un nouvel élément : des analyses ADN d’un sous-vêtement qu’elle portait lors des faits, qui auraient révélé la présence d’ADN de Luc Besson.
• Une décision à rebours des réquisitions écrites du parquet
Le parquet avait estimé que les résultats des analyses ADN étaient de nature à corroborer la version de la plaignante. Cependant, la chambre de l’instruction a décidé de ne pas suivre ces réquisitions.
• Une justice complaisante ?
Cette décision a suscité des réactions, notamment de l’avocat de la partie civile, qui a qualifié cette conclusion de « non-justice ». Il a également critiqué le parquet pour son incohérence entre ses réquisitions et les décisions prises.
Du côté de la défense, Luc Besson a été soutenu par des conclusions antérieures de plusieurs procureurs et juges qui ont déclaré son innocence. En 2023, Sand Van Roy a également saisi la Cour européenne des droits de l’Homme, se plaignant d’une « victimisation secondaire » liée à l’instruction de son affaire.
L’actrice a également accusé Besson d’autres agressions sexuelles survenues entre 2016 et 2018, mais son avocat a affirmé qu’aucun élément n’a permis d’établir un défaut de consentement.
Huit autres femmes ont également porté des accusations contre le réalisateur pour des violences sexuelles.
