Retour au bercail : des jeunes diplômés font le choix de Limoges
Selon une étude inédite, deux tiers des jeunes diplômés issus des territoires et ayant fait des études sélectives souhaitent revenir dans leur région d’origine, citant la proximité familiale, le cadre de vie et l’ancrage territorial comme raisons principales. Cependant, ce retour implique souvent des sacrifices financiers.
Un sondage réalisé par l’institut Viavoice pour l’association « Des territoires aux Grandes Ecoles » et dévoilé par BFM Business révèle que 40 % des jeunes interrogés sont déjà retournés dans leur territoire d’origine, tandis que 30 % envisagent de le faire. Ce phénomène remet en question l’idée selon laquelle les jeunes diplômés issus de zones rurales fuient définitivement leur terre natale pour des opportunités en milieu urbain.
Contexte et motivations
Les jeunes diplômés, après avoir quitté leur territoire pour des études sélectives, envisagent un retour, mais souvent avec des concessions. Nathan Maurel, président de l’association « Des territoires aux Grandes Ecoles », souligne que le retour n’est pas perçu de manière binaire. Certains choisissent de se rapprocher géographiquement sans revenir directement dans leur village, favorisant des villes comme Nantes ou Rennes.
Les motivations pour ce retour incluent principalement la proximité familiale et le coût de la vie, mais le principal obstacle reste l’accès à un emploi. « Le retour ne se fait pas sans opportunité professionnelle », précise Nathan Maurel.
Conséquences financières
Un exemple illustratif est celui d’Anna, diplômée d’Agroparistech, qui a initialement travaillé en région parisienne avec un salaire de 2.000 euros nets. Après avoir cherché un emploi à Limoges, elle a dû accepter un poste de technicienne, gagnant 1.500 euros, un choix qu’elle justifie par un coût de la vie plus faible dans sa ville natale.
Malgré ces sacrifices, 77 % des jeunes qui sont revenus estiment que c’était la bonne décision, tandis que 17 % expriment une opinion mitigée et seulement 5 % regrettent leur choix.
Statistiques et méthodologie
Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon de 6.001 Français âgés de 18 à 40 ans, représentatif de la population française. Parmi eux, 566 étudiants ou diplômés ont été sélectionnés, ayant quitté leur territoire d’origine pour des études supérieures.
Cette étude met en lumière un changement de perception concernant le retour des jeunes dans leurs régions d’origine, soulignant à la fois les sacrifices nécessaires et les motivations profondes qui les poussent à revenir.
Source : BFM Business, étude Viavoice pour l’association « Des territoires aux Grandes Ecoles ».
