Terminer de travailler à 15 h : l’idée des Espagnols qui pourrait inspirer la France

Terminer de travailler à 15 h : l’idée des Espagnols qui pourrait inspirer la France

Madrid (Espagne), correspondance

Alors qu’une canicule historique touche la France, le débat sur les conditions de travail a été relancé après la mort d’un jeune ouvrier en pleine vague de chaleur le mois dernier. En Espagne, des mes existent depuis des années pour protéger les travailleurs de la chaleur. À tel point que le ministre du Travail a récemment évoqué le modèle d’adaptation espagnol, estimant qu’il serait peut-être nécessaire de suivre l’exemple des Andalous.

La journée de travail intensive, ou « jornada intensiva », permet aux travailleurs de commencer et de terminer plus tôt leur journée, généralement entre 7 et 8 heures du matin, pour se terminer vers 14 ou 15 heures. Jonathan Urbina González, jardinier à Madrid, témoigne que ses horaires de travail sont adaptés de début mai à la mi-septembre pour éviter les heures les plus chaudes. Il souligne que cette adaptation était nécessaire, car les conditions de travail devenaient de plus en plus intolérables.

Cette me, bien qu’efficace, n’est pas encadrée par la loi, mais repose sur des accords individuels au sein des entreprises. Plus de la moitié des entreprises espagnoles ont adopté cette me, particulièrement dans les grandes entreprises et la fonction publique. Selon des données de l’Institut national de la statistique, l’adaptation des horaires est devenue une nécessité face à l’intensification des vagues de chaleur dues au changement climatique.

Depuis 2023, les employeurs espagnols sont tenus d’adapter les conditions de travail lors d’alertes météorologiques, ce qui peut conduire à la suspension de certaines tâches. Des mes préventives ont été mises en place dans le secteur de la construction, incluant un contrôle sur les chantiers pour garantir l’accès à de l’eau et des protections contre la chaleur.

En outre, l’Espagne a instauré un congé climatique de quatre jours lors de phénomènes extrêmes comme les canicules. Ces mes visent à protéger la santé des travailleurs, soulignant que « travailler ne peut pas coûter la santé ou la vie », comme l’a déclaré la ministre du Travail espagnole.

Au-delà du monde du travail, la société espagnole a également adapté ses horaires de vie sociale et de commerce, notamment en Andalousie, où certains commerces ferment durant les heures les plus chaudes. Ces pratiques pourraient inspirer la France dans la gestion des conditions de travail face aux défis climatiques.

Source principale : Reporterre

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