Nadav Lapid annule sa participation au FID Marseille, suscitant des réactions parmi les cinéastes
Sous la pression, le réalisateur israélien exilé en France, Nadav Lapid, a annulé sa venue au festival international de cinéma FID à Marseille, prévue pour juillet, après des appels au boycott. Un collectif de cinéastes, dont Michel Hazanavicius et les Palmes d’or Justine Triet et Jacques Audiard, a dénoncé dans une tribune publiée dans Le Monde une « faillite intellectuelle ».
Les réactions se multiplient suite à cette décision. Dans leur tribune, les signataires soulignent que « le plus grand artiste dissident israélien », connu pour dénoncer les dérives de son gouvernement, ne devrait pas être contraint de se retirer d’un festival français. Ils ajoutent que le boycott culturel à son encontre est inacceptable, précisant que les cinéastes ne devraient pas être tenus responsables des actes de leurs gouvernements.
Nadav Lapid, critique acharné de Benyamin Nétanyahou, avait été invité à faire partie du jury de la 37ᵉ édition du FID Marseille, qui se déroulera du 7 au 12 juillet. Cependant, douze cinéastes sélectionnés ont lancé des appels au boycott et retiré leurs films de la programmation, reprochant à Lapid d’avoir bénéficié de fonds publics israéliens.
Le festival a d’abord tenté de calmer la polémique en annulant sa participation au jury tout en maintenant la projection de son film Le Policier (2011) et une rencontre avec le public. Toutefois, cela n’a pas suffi, et Lapid a finalement décidé de renoncer à sa venue. Dans un communiqué, le FID a affirmé qu’il était « illégitime de tenir un cinéaste responsable de la politique de son pays ».
Auprès de l’AFP, Nadav Lapid a exprimé son regret face à la « résignation » du festival, qualifiant la situation de « très moche, pervers, cruel et violent ». La polémique a également porté sur des fonds publics israéliens, dont une partie avait été utilisée pour financer son film, qui ne représentait que 12 % de son budget, selon sa productrice, Judith Lou Lévy.
Nadav Lapid a déclaré se sentir « soulagé » par le soutien reçu de la part des professionnels du cinéma.
Source : Le Monde
