Entre RDC, Rwanda et HCR : des discussions pour le retour des réfugiés face à des défis majeurs
Le 22 juin 2026, des représentants de la République Démocratique du Congo (RDC), du Rwanda et du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) se sont réunis à Addis-Abeba pour établir une feuille de route concernant le retour des réfugiés rwandais présents en RDC et des Congolais au Rwanda. Cette initiative survient alors que l’est de la RDC est toujours en proie à des conflits, malgré des accords de paix signés en 2025 aux États-Unis et au Qatar.
Cette réunion a été organisée dans le cadre des accords de paix conclus à Washington, notamment les accords du 27 juin et du 4 décembre 2025, ainsi que la déclaration de principes signée à Doha le 19 juillet 2025 entre la RDC et l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/Mouvement du 23-Mars (M23).
Des dizaines de milliers de réfugiés concernés
Actuellement, la RDC accueille 196 289 réfugiés et demandeurs d’asile rwandais, dont seulement 75 421 sont enregistrés biométriquement. De son côté, le Rwanda héberge 84 456 réfugiés et demandeurs d’asile congolais. Toutefois, le mouvement de retour des réfugiés ne progresse pas de manière équitable. Depuis janvier 2025, 8 394 réfugiés rwandais ont été rapatriés, dont 2 347 cette année, alors qu’un objectif de 10 000 retours a été fixé pour 2026.
Le retour des réfugiés congolais n’a pas commencé
À l’inverse, le retour des réfugiés congolais au Rwanda n’a pas encore été officiellement lancé. Les deux gouvernements ont convenu que la RDC devra, à partir d’octobre, identifier les zones prioritaires de retour, en se basant sur des sondages d’intentions et des informations fournies par Kigali. Ce retard est en partie dû à des préoccupations concernant la vérification de l’identité et de la nationalité des réfugiés, afin d’éviter le risque d’apatridie. La RDC a signalé ne pas disposer de données précises sur l’identité des réfugiés congolais au Rwanda.
La RDC pointe la responsabilité du Rwanda
À l’issue de la réunion, la vice-Premier ministre de la RDC a déclaré que les violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont « considérablement affecté » la mise en œuvre des résolutions adoptées en juillet 2025. Elle a attribué ces violences au non-retrait de l’armée rwandaise du territoire congolais et à l’activisme du M23, que Kinshasa considère comme un supplétif de Kigali. Le Rwanda a démenti toute présence militaire en RDC et tout soutien au M23.
Le vice-Premier ministre congolais a également rappelé qu’au-delà des accords bilatéraux, plus d’un million de réfugiés congolais et plus de cinq millions de déplacés internes sont recensés à travers l’Afrique. La feuille de route discutée en juillet 2025 a été intégrée à l’Accord de paix signé à Washington en décembre 2025.
Un des sujets les plus sensibles
La question des réfugiés constitue un enjeu central dans les discussions entre Kinshasa et le M23, ainsi qu’entre la RDC et le Rwanda. Le retour des réfugiés congolais est une revendication historique du M23, déjà présente dans l’accord de paix de 2009. En janvier 2023, le président rwandais Paul Kagame avait déclaré que son pays ne pouvait « pas continuer d’accueillir des réfugiés » congolais, en réponse aux accusations de soutien à la rébellion du M23.
Prochaine réunion ministérielle en juin 2027
Trois ans et demi après, le nombre de réfugiés congolais au Rwanda n’a que légèrement augmenté, passant de plus de 76 000 fin 2022 à 84 456 en juin 2026. Les deux gouvernements ont adopté une nouvelle feuille de route pour 2026-2027 et fixé un calendrier de réunions transfrontalières trimestrielles, la première étant prévue en septembre. Ils ont exprimé leur volonté de se retrouver au niveau ministériel en juin 2027, sans toutefois préciser la date ou le lieu de cette rencontre.
Source : RFI
