Ce jeudi 4 décembre, Bastien Coriton, maire de Rives-en-Seine, une commune de 4.000 habitants en Seine-Maritime, a annoncé le retrait d’une consigne de colis installée sur le parking d’un bailleur social sans l’accord de la mairie. Cet incident, résolu à l’amiable, illustre les défis auxquels font face les élus avec la montée des consignes, également connues sous le nom de « lockers », ainsi que des distributeurs alimentaires tels que ceux de pizzas et de plats préparés. Le maire a déploré que le bailleur ait passé un accord avec Mondial Relay sans en informer la mairie, utilisant une stratégie d’implantation temporaire pour éviter une déclaration d’urbanisme. « On ne peut pas laisser ces installations se faire sur le domaine public ou privé sans aucune déclaration d’urbanisme », a-t-il souligné.
Expansion « fulgurante » des consignes
La députée du Finistère, Mélanie Thomin, a pris l’initiative de proposer une loi visant à encadrer ces installations. Elle a cité un exemple où un maire a découvert sur les réseaux sociaux l’implantation d’un distributeur automatique de pizzas dans sa commune, ce qui pose des problèmes de concurrence avec les restaurateurs locaux. L’essor des consignes est corrélé à l’augmentation du commerce en ligne, avec une hausse de 9 % des livraisons en consigne en France sur l’année écoulée. Par ailleurs, les points relais, qui représentent 57 % des utilisateurs en France, sont beaucoup plus prisés que la moyenne européenne de 24 %.
Selon Geopost, la filiale de La Poste spécialisée dans la livraison de colis, il existe actuellement 140.000 points de retraits et dépôts de colis en Europe, dont 100.000 sont des relais commerçants et 40.000 des consignes. Les points relais sont appréciés pour leur praticité et leur capacité à générer des revenus significatifs pour les commerçants locaux.
Les points relais, un revenu complémentaire pour les commerçants
Les points relais offrent un complément de revenus non négligeable aux commerçants, pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros par mois. Ces installations contribuent à la vitalité des centres-bourgs en attirant des clients supplémentaires. « Ces revenus représentent plus de la moitié du loyer chez certains commerçants », a précisé le maire Coriton, qui a également mentionné qu’un Carrefour Market à proximité agit déjà comme point relais.
Le nombre de consignes gérées par Mondial Relay a explosé, passant de 300 à 9.000 entre 2021 et aujourd’hui. En revanche, la société a supprimé 3.500 points relais chez des commerçants en 2025, ce qui a suscité des inquiétudes parmi les partenaires historiques du réseau. Geopost prévoit d’atteindre 9.000 consignes d’ici fin 2026, incluant des options de consignes réfrigérées pour des produits frais.
Autorisation d’urbanisme
Ces installations se développent principalement sur des espaces privés tels que les parkings de supermarchés, les gares et les centres commerciaux. Leur croissance rapide soulève des questions économiques, urbanistiques et d’aménagement du territoire. La députée Thomin propose d’imposer une autorisation d’urbanisme pour toute nouvelle implantation de dispositifs automatiques de retrait ou de dépôt de colis, qu’ils soient sur le domaine public ou privé. Elle suggère également la création d’une taxe d’un euro sur les colis retirés ou déposés en consigne, destinée à renforcer le budget communal et soutenir le commerce local.
