Découverte d’un système planétaire « improbable » grâce à TESS
Une équipe de scientifiques a identifié un système planétaire qualifié d' »improbable » grâce à l’utilisation du télescope spatial TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) de la NASA. Cette découverte pourrait modifier notre compréhension des mécanismes de formation des planètes.
L’agencement atypique de ce système est attribué à un objet particulier, un nain brun désigné TOI-201 c. Ces objets, souvent appelés « étoiles ratées », se forment à partir d’un nu de gaz et de poussière, mais n’atteignent pas la masse suffisante pour initier la fusion nucléaire. Les nains bruns ont des masses variant entre 13 et 80 fois celle de Jupiter, soit environ 0,013 à 0,08 de celle du Soleil.
TOI-201 c suit une orbite très elliptique, prenant 2 881 jours pour faire le tour de son étoile. Cette configuration a donné naissance à deux planètes : une super-Terre nommée TOI-201 d et un Jupiter chaud nommé TOI-201 b, qui se sont formés dans une zone étroite de l’orbite, ce qui est inattendu selon les modèles de formation planétaire.
Les orbites de TOI-201 d et TOI-201 b, respectivement de 5,8 jours et 53 jours, sont parfaitement alignées avec celle du nain brun. Ce dernier engendre une instabilité gravitationnelle à des distances équivalentes à celle entre Mars et le Soleil, mais cela n’a pas empêché la formation des planètes dans ce système.
Cette découverte offre un éclairage précieux sur la formation des planètes, même autour d’objets massifs et excentriques, selon Aldo Bonomo, chercheur à l’INAF. Le système remet en question l’idée que les planètes géantes gazeuses se forment à des distances de 2 à 3 fois celle de la Terre au Soleil, dans les disques de gaz et de poussière entourant les étoiles jeunes.
Les données montrent qu’au cours des passages rapprochés du nain brun, le Jupiter chaud subit des variations importantes et soudaines dans ses temps de transit, signalant une interaction dynamique intense entre ces deux géants.
Ce système a été découvert lors d’un événement de mono-transit rare, où un corps planétaire traverse une fois le visage de son étoile, provoquant une diminution de la lumière stellaire. Ce nain brun est le premier de ce type à avoir vu sa masse confirmée, marquant une avancée significative en astronomie.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Nature le 17 juin.
Source : Space.com