Une fouille de l’âge du Bronze au Musée archéologique de Civaux
Le musée archéologique de Civaux a récemment enrichi ses collections avec une nouvelle vitrine, résultant d’une fouille significative réalisée par l’Inrap sur un site d’habitat daté de la fin de l’âge du Bronze, entre 1150 et 950 avant J.-C., situé au lieu-dit Monas à Civaux. Auparavant, les collections du musée ne comprenaient que des céramiques du Bronze moyen, datant de 1600 à 1350 avant J.-C., découvertes dans les années 1960.
La fouille du site de Monas, dirigée par Christophe Maitay de l’Inrap, a été entreprise suite à un projet de construction de bâtiments destinés à accueillir une gendarmerie. Cette opération a mis au jour un important bâtiment rectangulaire de 52 m², surpassant les dimensions des autres structures connues de la même période dans la région. Les découvertes incluent également un porche d’entrée, un petit bâtiment carré de 6 m², des fosses dépotoirs et une structure profonde interprétée comme un silo ou un puits.
Les fosses ont été creusées dans un sable limoneux, utilisé pour construire les murs des maisons. Elles ont également servi de dépotoirs pour des restes alimentaires, des déchets domestiques, des outils et de la vaisselle. Un fragment de lingot en alliage cuivreux a notamment été découvert.
L’analyse du mobilier céramique, comprenant 2 550 tessons pesant plus de 35 kg, a permis de confirmer la datation du site. Les nombreux fragments de vase exposés illustrent les pratiques alimentaires de l’époque, avec des récipients destinés au stockage, à la préparation et à la consommation des aliments.
En outre, l’analyse carpologique des sédiments a révélé près de 800 semences carbonisées, dont des graines de millet. Les principales céréales cultivées identifiées sur le site incluent le millet commun, l’orge vêtue, le blé nu, l’amidonnier et l’engrain. La diversité des plantes sauvages et des fruits collectés témoigne également des ressources disponibles à l’époque.
Les données architecturales et les informations sur le mobilier céramique sont au cœur des intérêts de cette fouille préventive. Les recherches ont également permis d’approfondir la compréhension des relations entre les vivants et les morts, illustrées par des ensembles funéraires situés sur la rive gauche de la Vienne, dont une partie du mobilier est exposée au musée.
Cette initiative contribue non seulement à la mise en valeur du patrimoine historique de la commune, mais également à une meilleure compréhension de la vie quotidienne à l’âge du Bronze dans la région.
Source : Inrap
