Aux confins nord du Cameroun, une commune enclavée sous une pression jihadiste constante

Aux confins nord du Cameroun, une commune sous pression jihadiste

Publié le : 23/06/2026 – 10:02
Temps de lecture : 2 min

Aux confins du Cameroun, du Nigeria et du Tchad, la population de Darak est prise en étau. Située dans la partie la plus septentrionale de la région de l’Extrême-Nord, cette commune, composée d’une constellation d’îlots sur le lac Tchad, subit depuis des mois la pression de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Le groupe jihadiste revendique l’objectif d’en chasser les autorités administratives et militaires pour annexer la zone.

Sur les marchés et auprès des pêcheurs qu’ils rançonnent, les membres de l’Iswap diffusent une propagande hostile à l’État camerounais. Le 5 février 2026, ils ont attaqué la mairie de Darak et la délégation de l’élevage, malgré la présence de militaires. Bien qu’aucune victime civile n’ait été signalée, environ 2 000 habitants ont été déplacés suite à cette attaque.

Célestin Delanga, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Maroua, note une hausse des taxes imposées aux populations. Selon lui, « l’État y est faible, ce qui est à l’avantage de l’Iswap ». Le groupe cherche à s’étendre vers le Nigeria, profitant d’une zone stratégique pour le commerce transfrontalier, la pêche et l’élevage.

La région, accessible uniquement par pirogue, a vu sa fréquentation augmenter depuis l’arrivée de l’Iswap, attirant les pêcheurs qui doivent composer avec le groupe jihadiste pour survivre. Le gouvernement camerounais a lancé l’opération « Bassin du Lac Tchad », confiée au Bataillon d’intervention rapide (BIR), avec une collaboration prévue avec le Nigeria.

Darak, qui a été rétrocédée au Cameroun après une longue occupation par le Nigeria, est perçue à la fois comme une vitrine de l’aménagement du territoire par Yaoundé et comme la capitale d’un proto-État par les Budumas, une population locale. Les tensions persistent, exacerbées par des problèmes de coopération régionale.

Source : RFI

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