Canicule : Le congé climatique suggéré par les Ecologistes, il existe ailleurs ? (spoiler : oui)

Canicule : Le congé climatique suggéré par les Écologistes, existe-t-il ailleurs ?

Alerte info : il fait chaud. La France connaît cette semaine l’un de ses épisodes de canicule les plus intenses. La chaleur impacte non seulement la santé et l’environnement, mais aussi les conditions de travail. Sous des températures dépassant les 40 °C, les déplacements en transports en commun, les bureaux non climatisés, et la fermeture des écoles compliquent la vie professionnelle. C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée du congé climatique.

Déjà évoqué lors de la précédente vague de chaleur, le projet d’instaurer un droit aux congés climatiques a été récemment relancé par les Écologistes. Dimanche, Marine Tondelier, secrétaire générale du parti, a lancé une pétition visant à créer cinq jours de congé « pour permettre à chacun.e de faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d’école liée au climat, sans perte de revenus ». L’objectif est de récolter au moins 150 000 signatures pour déclencher un examen parlementaire.

Un congé climat existant en Espagne

Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a également plaidé pour la modulation du droit du travail afin d’établir un « congé spécifique ». Rachele Barrion, secrétaire confédérale de Force ouvrière, a exprimé son soutien à cette initiative, la considérant comme une nécessité pour protéger les intérêts des salariés.

La proposition s’inspire d’un précédent européen concret. En novembre 2024, le gouvernement socialiste espagnol a inscrit dans le droit du travail un congé climatique de quatre jours par an, en réponse aux inondations meurtrières de Valence qui ont causé plus de 200 décès. Ce congé, financé par l’État, permet d’éviter les déplacements en cas d’alerte météorologique, garantissant ainsi que le travailleur ne perde ni salaire ni cotisations.

Cadre juridique en France

En France, le cadre juridique est encore fragmenté. Un décret de juin 2024 a intégré les « périodes de canicule » dans la définition légale des intempéries, permettant aux entreprises du BTP de bénéficier du chômage partiel dès le déclenchement d’une vigilance orange. Cependant, hors du secteur du bâtiment, les protections sont moins automatiques. Le télétravail demeure une question délicate, les salariés ne pouvant pas l’imposer à leur employeur même en période de canicule. Le droit de retrait, selon l’article L4131-1 du Code du travail, peut s’appliquer en cas de chaleur extrême.

Actuellement, le gouvernement suggère des solutions peu engageantes, comme faire la sieste. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a évoqué l’intérêt de s’inspirer des pratiques culturelles des pays chauds, sans toutefois s’engager fermement sur des mes concrètes.

Source : 20 Minutes

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