Mis au jour il y a dix ans, le trésor archéologique de Lavau exposé à partir de samedi
Les objets découverts il y a une dizaine d’années seront exposés au Musée d’art moderne de Troyes jusqu’au 21 juin.
C’est l’une des plus importantes découvertes archéologiques en France des cinquante dernières années : l’exceptionnel trésor mis au jour dans la tombe d’un prince celte à Lavau (Aube), dans la région Grand Est, sera dévoilé pour la première fois au public samedi 24 janvier. Les 80 objets, qui datent d’environ 450 avant Jésus-Christ, seront exposés jusqu’au 21 juin au Musée d’art moderne de Troyes, à proximité du lieu de leur découverte.
Dans ce qui est aujourd’hui une zone commerciale, les archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont découvert en 2014-2015 un complexe funéraire composé d’un vaste enclos et d’un portique monumental donnant accès à une tombe par une rampe, le tout scellé d’un tumulus de plus de huit mètres de haut.
Une chambre funéraire de 14 m² abritait un squelette paré d’un torque en or et de bracelets. Étendue sur un char à deux roues, la dépouille était entourée de vaisselle utilisée lors des banquets. Les études et travaux de restauration de ce trésor, contemporain de celui retrouvé dans la tombe de la princesse de Vix à environ 60 kilomètres de là, ont nécessité une dizaine d’années.
Il a fallu 700 heures de travail pour restaurer un grand chaudron en bronze, décoré de têtes de félins et de figures représentant le dieu-fleuve Acheloos. Le récipient, d’un mètre de diamètre, est l’un des plus grands connus à ce jour, capable de contenir entre 200 et 300 litres de vin, dont des traces ont été retrouvées. Ce vin rouge, importé et aromatisé, témoigne de la mixité culturelle de la région au carrefour de routes commerciales.
La dépouille du prince, qui devait vivre à l’emplacement de la ville actuelle de Troyes, est la « grande absente » de l’exposition pour des raisons de conservation et d’éthique, selon l’anthropologue Valérie Delattre. Dix années de recherche ont permis d’en apprendre davantage sur cet homme, décédé dans la trentaine, mesurant environ 1,70 mètre, dont la dentition presque parfaite indique un cadre de vie privilégié.
Avec la richesse des objets rassemblés dans la tombe, la qualification de prince pourrait être révisée. Les archéologues s’interrogent sur la possibilité qu’il s’agisse d’un roi.
Source : Franceinfo
