Créer son entreprise dans la vingtaine: le pari risqué de nombreux jeunes en Suisse

Créer son entreprise dans la vingtaine: le pari risqué de nombreux jeunes en Suisse

Guerres, crises, hausse du coût de la vie : malgré un contexte économique incertain, la Suisse n’a jamais enregistré autant de créations d’entreprises. Les moins de 30 ans figurent parmi les principaux moteurs de cette tendance. Deux jeunes entrepreneurs racontent pourquoi ils ont choisi de prendre ce risque.

Chaque année, un nombre croissant d’entreprises voient le jour en Suisse. Parmi les nouvelles entrepreneuses figure Mélanie Niklaus. À 23 ans, elle a repris une boulangerie à Kerzers, dans le canton de Fribourg, il y a trois ans.

Mélanie commence sa journée de travail peu après minuit et termine tard. «Je suis au fournil jusqu’à midi», explique-t-elle. Après une courte pause, elle s’occupe de son cheval avant de retourner à la boulangerie en soirée. Son emploi du temps, six jours par semaine, ne laisse que peu de place pour les amies ou les relations amoureuses.

Pression financière et stress

Mélanie a repris la boulangerie à 20 ans, après sa formation de boulangère-pâtissière. Sa motivation principale était l’autonomie : «J’ai envie d’être créative, de prendre mes propres décisions.» Toutefois, elle ressent une forte pression, car le salaire de ses 13 employés dépend directement de la bonne marche de l’entreprise.

Qendrim Gashi, architecte de 32 ans, partage des sentiments similaires. Il s’est mis à son compte à Wolhusen en 2020, juste avant le début de la pandémie. «La peur de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins fait partie du jeu», affirme-t-il.

Un nombre record de créations d’entreprises, malgré les incertitudes

Selon l’Institut für Jungunternehmen, un quart des nouvelles entreprises en Suisse sont créées par des personnes de moins de 30 ans. Cette tendance se maintient malgré un climat économique instable, marqué par la pandémie, la guerre en Ukraine et la hausse des coûts de la vie.

L’incertitude économique s’accentue, comme le montre le KOF, le centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich, qui évoque des perspectives moroses pour l’économie suisse. Les tensions géopolitiques mondiales et l’inflation rendent la création d’entreprise plus risquée.

«Une crise peut aussi être une opportunité»

Michele Blasucci, consultant pour les entrepreneurs, souligne que les périodes de crise peuvent également être un terreau pour l’innovation. Pour les jeunes, l’incertitude peut représenter une opportunité de création.

Malgré la pression et les risques, l’indépendance offre des avantages, comme une plus grande liberté dans l’organisation du temps. Qendrim conclut : «J’ai beaucoup de peine à m’imaginer retravailler un jour comme salarié dans un bureau.»

Beaucoup de créations d’entreprises, mais aussi beaucoup de faillites

La Suisse enregistre chaque année de nouveaux records de créations d’entreprises. En 2023, près de 47 000 entreprises ont été créées, soit plus d’un quart de plus qu’en 2013. Cependant, environ 80 % des nouvelles sociétés sont encore actives après une année d’existence, et moins de la moitié survivent cinq ans après leur création.

Source : SRF, Institut für Jungunternehmen, KOF.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *