Deux méthodes pour mer l'expansion de l'univers donnent des résultats différents — et personne ne sait pourquoi

Les galaxies s’éloignent de nous, mais à quel rythme ? Cette question, autrefois résolue avec une relative confiance, est aujourd’hui au cœur d’une crise qui bouleverse la cosmologie moderne. La tension de Hubble, un désaccord persistant entre deux méthodes majeures pour mer l’expansion de l’Univers, remet en question certains des fondements de notre compréhension cosmique.

Qu’est-ce que la constante de Hubble ?

La constante de Hubble est une me clé de la cosmologie moderne. Introduite grâce aux travaux d’Edwin Hubble dans les années 1920, elle quantifie la vitesse d’expansion de l’Univers. Plus précisément, elle relie la vitesse à laquelle une galaxie s’éloigne de nous, mesurée par son décalage vers le rouge, à sa distance de la Terre. En résumé, plus une galaxie est éloignée, plus elle semble s’éloigner rapidement.

Les deux méthodes de me : quand les chiffres ne collent pas

Les cosmologistes utilisent principalement deux approches pour mer la constante de Hubble. La première méthode repose sur des bougies standards, telles que les supernovae de type Ia et les variables Céphéides, qui ont une luminosité intrinsèque prévisible. En combinant ces distances avec le décalage vers le rouge, les scientifiques estiment la constante de Hubble à environ 73,2 km/s/Mpc. Cela signifie qu’une galaxie à un mégaparsec de distance s’éloigne de nous à une vitesse de 73,2 kilomètres par seconde.

L’autre méthode s’appuie sur le rayonnement de fond cosmologique (CMB), la première lumière émise par l’Univers, observée 379 000 ans après le Big Bang. En appliquant le modèle standard de la cosmologie, cette approche prédit une constante de Hubble de 67,4 km/s/Mpc.

Le problème est que ces deux méthodes, bien que précises, ne produisent pas les mêmes résultats. Cette tension de Hubble est devenue l’une des plus grandes énigmes de la cosmologie contemporaine.

L’amas de Coma et les nouvelles découvertes

Une étude récente sur l’amas de galaxies Coma, relativement proche de la Terre, a révélé que, selon des mes basées sur des supernovae de type Ia, cet amas se trouve à environ 321 millions d’années-lumière. Cependant, selon les prévisions du modèle cosmologique standard, il devrait être situé à environ 359 millions d’années-lumière. Cette différence d’environ 38 millions d’années-lumière suggère un écart significatif entre les mes locales et les prédictions basées sur le modèle standard.

Les hypothèses pour expliquer la crise

Face à cette tension, plusieurs hypothèses émergent. Certaines envisagent des erreurs ou biais dans les mes, tandis que d’autres suggèrent que l’Univers primitif pourrait contenir des éléments non prévus par le modèle standard. Enfin, certains chercheurs remettent en question les fondements de la relativité générale, la théorie d’Einstein qui sous-tend le modèle cosmologique.

Pourquoi cette crise est aussi une opportunité

Malgré les défis qu’elle pose, la crise actuelle en cosmologie peut être perçue comme une opportunité pour la science. Elle pourrait révéler des aspects inconnus de l’Univers et mettre en avant l’importance d’une collaboration internationale pour rassembler des données et tester de nouvelles théories. La tension de Hubble pourrait ainsi inspirer une nouvelle génération de chercheurs à explorer des territoires inconnus dans notre compréhension de l’univers.

Source : SciencePost

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