On est sous le choc : la colère des salariés de Legrand à Châlus

Environ 150 travailleurs, élus et représentants syndicaux se sont réunis, lundi 22 juin 2026, sur le site historique de l’industriel Legrand à Châlus, en Haute-Vienne. La mobilisation, lancée par l’intersyndicale CGT-FO, vise à dénoncer le plan socio-économique (PSE) annoncé par le groupe début juin, qui prévoit la fermeture de quatre sites industriels en France.

Lundi matin, les chapiteaux rouges de la CGT étaient dressés sur le parking du site Legrand, au sud-ouest de Limoges. Les salariés, en gilets syndicaux, ont exprimé leur colère face à l’annonce de la fermeture de ce site emblématique. Le 4 juin, Legrand a révélé un plan de « restructuration » qui inclut des fermetures en Charente, Charente-Maritime, Isère, et à Châlus, menaçant ainsi 70 CDI et 37 postes d’intérimaires d’ici 2028. C’est la première fois qu’un PSE d’une telle ampleur est mis en œuvre au sein du groupe.

Depuis cette annonce, salariés et syndicats sont en état de sidération. Angélique Dauge, trésorière du CSE et secrétaire du syndicat FO-Legrand-Limousin, a déclaré : « On est sous le choc, on ne s’y attendait pas du tout. » Les salariés ne comprennent pas pourquoi un site comme Châlus, qui fonctionne bien économiquement, est touché par ces mes.

Les syndicats ont organisé des manifestations sur les différents sites concernés, notamment à Lagord et Confolens. Ils critiquent la stratégie industrielle de la direction, considérant qu’elle est le résultat d’une « lubie » du PDG Benoît Coquart, qui vise à doubler le chiffre d’affaires du groupe d’ici 2030. Olivier Ten, délégué syndical central CGT, a regretté que cette ambition ne se traduise pas par des projets industriels mais par des fermetures.

Legrand a également prévu d’investir à l’étranger, notamment aux États-Unis, ce que les syndicats perçoivent comme une stratégie de « croissance externe ». Le dernier rachat en date est celui de Girtz Industries, une entreprise américaine spécialisée dans les solutions d’intégration de puissance. Olivier Ten a souligné l’incohérence de dépenser des centaines de millions d’euros à l’étranger tout en fermant un site en France.

Le groupe défend son projet comme une « adaptation de son organisation industrielle » pour renforcer le « fabriqué en France ». Il prévoit d’investir plus de 80 millions d’euros entre 2025 et 2028 sur le territoire français, tout en regroupant certaines activités pour renforcer plusieurs sites industriels.

Les conséquences économiques de cette restructuration inquiètent les acteurs publics de la région Nouvelle-Aquitaine, qui craignent de perdre leur seule entreprise cotée au CAC 40. Depuis 2019, la commune de Châlus a investi 700 000 euros pour désenclaver la zone économique où se situe Legrand. Le départ de l’entreprise pourrait entraîner des conséquences néfastes pour l’économie locale, notamment la création d’une friche industrielle.

Des négociations entre la direction et les syndicats doivent débuter le 23 juin pour discuter de l’avenir des quatre sites concernés. La situation des salariés de Châlus demeure incertaine, et Angélique Dauge s’interroge : « On est censés être reclassés, mais comment, on n’en sait rien. »

Source : France 3 Régions

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *