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« On n’a pas vraiment faim » : jeûne et tête en bas, le défi extrême des volontaires alités à la Clinique spatiale de Toulouse pour améliorer la santé des astronautes

Depuis le 1er juin, des volontaires sont accueillis à la clinique spatiale de Toulouse, où une expérience menée par le Centre national d’études spatiales (CNES) vise à observer les réactions du corps humain en situation de pesanteur. Dix hommes en parfaite condition physique sont soumis à un alitement de dix jours avec de strictes restrictions alimentaires. Les participants, en binômes, ont intégré l’expérience un jour d’écart pour des raisons techniques.

Les volontaires s’engagent à contribuer à l’amélioration des connaissances sur la santé des astronautes. Ils sont allongés avec la tête inclinée vers le bas, un angle de moins six degrés, ce qui permet de simuler les conditions de pesanteur. Amandine Fabre, cheffe de projet à l’Institut de médecine physiologie spatiale, explique que cette inclinaison favorise la redistribution des fluides dans le haut du corps, imitant ainsi les effets de l’apesanteur.

Douze équipes médicales réalisent différents examens sur les participants, incluant des tests de mémoire, d’équilibre et de force. Le régime alimentaire des volontaires se compose d’une cuillère de miel le matin, d’un potage avec un petit verre de jus de fruits le midi et d’un bouillon le soir. Les volontaires, comme Julien et Gaëtan, rapportent ne pas ressentir de grande faim, malgré les restrictions.

Les premiers jours de l’expérience sont marqués par des maux de tête et des douleurs dues à l’inclinaison du lit, mais les participants s’adaptent rapidement. Jérémy, un conducteur de train, souligne que l’expérience représente un défi personnel et une opportunité de repousser ses limites.

Les examens médicaux, dont une prise de sang et une pesée quotidienne, sont effectués plusieurs fois par jour. Les volontaires ont également accès à des divertissements, comme la télévision, tout en restant allongés. Une atmosphère de camaraderie s’est installée entre les participants et le personnel médical, qui veille à leur bien-être.

Après les dix jours d’alitement, une phase de réadaptation de cinq jours est prévue, durant laquelle les volontaires seront réalimentés progressivement et reprendront une activité physique adaptée. Les scientifiques espèrent tirer des conclusions intéressantes de cette étude, qui pourrait fournir des solutions pour des missions spatiales prolongées.

Les premières impressions des participants révèlent des modifications de leur corps, notamment une perception accrue des sens et une fatigue accrue lors des efforts. Bien que les pesées ne soient pas communiquées durant l’expérience, certains, comme Gaëtan, estiment avoir perdu entre quatre et cinq kilogrammes.

Les chercheurs sont optimistes quant aux résultats de cette étude, qui pourrait contribuer à améliorer la santé des astronautes lors de missions futures. Ces travaux s’inscrivent dans une démarche visant à anticiper les défis d’approvisionnement et de santé liés à des missions spatiales plus longues.

Source : La Dépêche.

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