Ebola : Ce que l’on sait de l’épidémie en RDC qui inquiète l’OMS
Pour la 17e fois depuis 1976, la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une épidémie d’Ebola, une maladie hautement létale ayant causé la mort de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. En réponse à la propagation du virus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré, le 17 mai, une alerte d’urgence internationale, un niveau d’alerte classé au deuxième degré sur l’échelle de gravité.
91 décès et 350 cas
D’après le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, 91 décès liés à cette épidémie d’Ebola et environ 350 cas suspects ont été rapportés. La majorité des personnes touchées par la maladie, qui provoque une fièvre hémorragique contagieuse, sont âgées de 20 à 39 ans, et plus de 60 % d’entre elles sont des femmes. L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, a signalé 88 décès sur 336 cas suspects. La province d’Ituri, foyer de l’épidémie, est difficile d’accès, ce qui complique le recensement des cas. L’OMS a souligné qu’il existe des incertitudes importantes quant au nombre réel de personnes infectées.
Une nouvelle souche plus dangereuse
La souche du virus responsable des récents cas présente un taux de létalité pouvant atteindre 50 %. Selon l’OMS, le taux de mortalité d’Ebola a varié de 25 % à 90 % lors des dernières épidémies. Bien que des vaccins et des traitements aient été développés pour la souche Zaïre, ils ne seraient pas efficaces contre la souche Bundibugyo, actuellement en circulation en RDC. Cette souche ne dispose pas de vaccin ni de traitement spécifique.
Pas d' »urgence pandémique »
Alors que la maladie se propage dans le pays et que des cas ont été détectés hors de l’Ituri, l’Ouganda a également signalé ses premiers malades. L’OMS craint un risque accru de propagation en raison de la mobilité des populations et des échanges commerciaux. Cependant, l’agence a précisé que la situation actuelle ne correspond pas aux critères d’une « urgence pandémique ».
Un risque « très faible » pour la France
L’épidémiologiste Éric d’Ortenzio a déclaré que le risque d’exportation du virus vers Mayotte, malgré une forte immigration de la région des Grands Lacs, est « très faible ». Lors de l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, sur plus de 28 000 cas, seulement une dizaine avaient été exportés en dehors de l’Afrique.
L’OMS appelle à une coopération internationale pour mieux comprendre l’ampleur de l’épidémie et renforcer les mes de contrôle. Des recommandations incluent la formation des professionnels de santé et la mise en place de centres de traitement spécialisés pour isoler et soigner les patients infectés.
Source : L’Express
