Le 23 juin 2016, les électeurs britanniques se prononçaient pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Après de longues négociations, ce vote s’est concrétisé par le retrait effectif de Londres, le 31 janvier 2020.
Quels ont été les effets du Brexit sur l’économie ?
Les conséquences du Brexit se sont fait sentir principalement au Royaume-Uni, où l’économie a subi des impacts négatifs considérables. D’après des économistes britanniques, fin 2025, le PIB par habitant pourrait être inférieur de 6 % à 8 % par rapport à ce qu’il aurait été sans le Brexit. De plus, entre 2016 et 2026, le produit intérieur brut a augmenté de 12 %, un chiffre similaire à celui de la France, alors que la croissance britannique avait été historiquement supérieure de 1993 à 2016.
Dans un contexte d’incertitudes, les investissements ont chuté, affichant une baisse de 12 % à 18 % en 2025 par rapport à un scénario sans Brexit. Les exportations de biens ont également reculé de près de 15 % depuis 2019, en raison de la fin de l’accès de Londres au marché unique et de la sortie de l’union douanière, ce qui a entraîné une augmentation des prix, notamment des biens alimentaires.
Cependant, certains experts tempèrent ces effets, soulignant que d’autres facteurs externes, tels que la pandémie de Covid-19 et les conflits géopolitiques, ont également influencé la croissance économique.
Quels changements pour les déplacements ?
La libre circulation a pris fin en 2021, avec l’instauration d’un système d’immigration à points. Les citoyens de l’UE doivent désormais obtenir un visa pour travailler, étudier ou s’installer au Royaume-Uni, bien que les ressortissants irlandais et les Européens résidant avant 2021 bénéficient d’un régime spécial. Les citoyens de l’UE n’ont pas besoin de visa pour des séjours courts, mais doivent obtenir une autorisation électronique de voyage (ETA).
Cette nouvelle réglementation a entraîné une pénurie de main-d’œuvre, en particulier pour les emplois non qualifiés. En juin 2022, un déficit de 460 000 travailleurs en provenance de l’UE a été constaté, partiellement compensé par l’arrivée de travailleurs d’autres pays.
Les données montrent que le solde migratoire en provenance de l’UE a fortement diminué après le référendum et a continué de baisser après 2021, tandis que le solde migratoire global vers le Royaume-Uni a fortement augmenté, atteignant 944 000 en 2023. Toutefois, ce solde a ensuite diminué pour atteindre 171 000 en 2025, son niveau le plus bas depuis 2012 hors pandémie.
Quelles ont été les conséquences politiques ?
La sortie du Royaume-Uni a affaibli l’UE, qui a perdu l’un de ses membres les plus influents sur les plans économique, diplomatique et militaire. Les négociations entre Londres et Bruxelles ont été tendues, mais un rapprochement a été amorcé, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine. En 2025, un nouveau partenariat stratégique en matière de sécurité et de défense a été signé.
Sur le plan interne, le référendum de 2016 a polarisé l’opinion publique, et le Brexit continue de façonner la politique britannique. Un éventuel retour dans l’UE a été évoqué, et l’opinion publique considère largement le Brexit comme un échec plutôt que comme une réussite.
Le Brexit a également eu des répercussions spécifiques sur l’Irlande, suscitant des craintes concernant le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Un protocole a été mis en place en 2021 pour préserver l’intégrité du marché unique de l’UE tout en maintenant l’Irlande du Nord dans le territoire douanier britannique. En 2023, ce protocole a été révisé pour faciliter la circulation des marchandises entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord.
Sources : Courrier International, The Economist, The Guardian, YouGov.
