Retraitée tuée par un cycliste lors de l’Ironman 2024 : deux ans après le drame, la famille de Joséphine Raulo attend toujours des réponses
Les triathlètes de l’Ironman de Nice s’élanceront ce dimanche 28 juin prochain dans les eaux de la baie des Anges, une épreuve qualificative pour les championnats du monde. Depuis 2024, chaque nouvelle édition rouvre une plaie béante au sein de la famille de Joséphine Raulo.
Le 16 juin 2024, cette Nîmoise de 75 ans avait perdu la vie après avoir été percutée par un participant engagé dans la partie cycliste de l’épreuve. L’accident s’était produit sur la promenade des Anglais, à un passage piéton, au niveau du parcours emprunté par les triathlètes lancés dans les 180 kilomètres de vélo. Grièvement blessée lors du choc, Joséphine Raulo n’avait pas survécu à ses bless.
Deux ans plus tard, alors que l’enquête judiciaire se poursuit, son fils, Mathieu Raulo, continue d’attendre que les responsabilités soient clairement établies. « Chaque année, lorsque cet événement revient, cela réveille forcément des souvenirs très douloureux », confie-t-il.
Des versions divergentes
Selon les organisateurs de la course, la septuagénaire aurait traversé la chaussée, malgré les consignes de sécurité, entraînant une collision avec un athlète amateur. La famille de la victime conteste cette version, estimant que des interrogations subsistent quant à la signalisation et aux conditions de sécurité de la zone où s’est produit l’accident.
Ces divergences ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire, en juin 2025, pour homicide involontaire. Sous la direction d’un juge d’instruction, l’enquête doit déterminer le déroulement des faits et les éventuelles responsabilités. Qui est responsable ? La victime, l’organisation de l’Ironman, la ville, l’État, ou le cycliste ?
La procédure progresse. Mathieu Raulo s’est constitué partie civile, aux côtés de sa sœur et de sa tante, témoin directe du drame. « Les responsabilités ne sont pas encore établies. Nous n’avons pas de problème avec le tempo de la justice tant que nous voyons que l’affaire progresse », explique-t-il.
Attente de la vérité judiciaire
Les investigations doivent analyser les témoignages et les éléments matériels recueillis, y compris des images de vidéosurveillance. « J’ai vu des extraits des images de la vidéosurveillance. Cela m’a conforté sur l’absence de signalisation.
Concernant le cycliste, Mathieu Raulo précise que sa famille ne nourrit aucune hostilité envers lui. « Nous avons du respect pour les compétiteurs. Nous savons ce qu’est une compétition. Nous n’avons aucun problème avec le coureur qui a percuté ma mère. Lui aussi s’est retrouvé dans une situation dramatique. »
Joséphine Raulo, ancienne technicienne de laboratoire au CHU de Nîmes, était restée très active après sa retraite. « Elle était en pleine possession de ses moyens, extrêmement prudente », souligne son fils. Deux ans après sa disparition, la douleur reste vive.
« Que chacun assume ses responsabilités »
À l’approche de cette nouvelle édition de l’Ironman, la famille Raulo ressent un pincement au cœur. « Les organisateurs mettent en avant un triathlon de très haut niveau. Mais ils oublient parfois ce qui s’est passé cette année-là », estime Mathieu Raulo. La famille attend maintenant la vérité judiciaire. « Simplement que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’accident et que chacun assume ses responsabilités, si des fautes ont été commises », conclut-il.
(Source : Nice-Matin)
