Ebola perturbe les soins des blessés de guerre en Ituri, RDC
En République Démocratique du Congo (RDC), le virus Ebola a des répercussions sévères sur un système de santé déjà affaibli. En Ituri, province qui concentre 95 % des cas selon les autorités congolaises, des milices d’autodéfense communautaire se livrent à des conflits armés depuis plusieurs années. L’hôpital général de Fataki reçoit de nombreux blessés de guerre, mais la situation s’aggrave, car certains ne peuvent plus bénéficier de soins appropriés.
La clinique Salama à Bunia, située à 80 kilomètres de Fataki et gérée par Médecins sans frontières, est actuellement fermée pour décontamination après la détection de cas d’Ebola. En conséquence, les blessés de guerre sont contraints de rester à Fataki, où les ressources sont limitées.
Le docteur Dieudonné Mbussa, médecin chef de l’hôpital, souligne une inquiétude croissante. Depuis la confirmation de cas d’Ebola, le nombre de patients diminue. « Même les malades qui étaient alités ont quitté l’hôpital », déclare-t-il. Cela complique l’accès aux médicaments, notamment aux antibiotiques, car l’ambulance ne peut plus se déplacer vers Bunia en raison de l’épidémie.
Cette situation met en péril l’ensemble du système de santé. Le risque est que la peur d’Ebola paralyse les soins ordinaires, entraînant des décès dus à d’autres maladies qui ne reçoivent pas de traitement.
La RDC a déclaré une épidémie d’Ebola le 15 mai, marquant la 17e épidémie dans ce pays de plus de 100 millions d’habitants. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapidement déclenché l’alerte sanitaire internationale.
L’est de la RDC, riche en ressources naturelles, est également confronté à la présence de groupes armés et à des conflits prolongés, aggravant ainsi la crise humanitaire.
Source : RFI
