À Marseille, le Marché du Soleil va-t-il définitivement fermer ses portes ? La justice rend son verdict
L’audience s’ouvre ce lundi 22 juin et pourrait déterminer le sort du Marché du Soleil. Considéré par certains comme le « centre français de la contrefaçon », cet emblématique bazar du 2e arrondissement de Marseille est au cœur d’un procès qui pourrait aboutir à sa fermeture définitive.
Des saisies pour une contre-valeur de 42 millions d’euros
Plus de 200 000 articles contrefaits ont été saisis, représentant une valeur estimée à 42 millions d’euros. Cette opération, menée en février 2026 par les forces de l’ordre, a révélé l’ampleur de la contrefaçon dans ce marché, situé près de la gare Saint-Charles. Une partie de ces marchandises, incluant des imitations de baskets Nike et des sacs Hermès, a été détruite dans une action symbolique avant l’ouverture du procès.
Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a souligné que le Marché du Soleil était devenu un point névralgique pour les marchandises contrefaisantes, au point d’être recommandé dans des guides touristiques comme une attraction incontournable.
Trois policiers municipaux et une fonctionnaire préfectorale jugés
Les enquêtes menées depuis 2023 ont conduit à l’inculpation de 18 prévenus, dont trois sociétés, pour des infractions telles que la « détention, production et vente en bande organisée de marchandise contrefaisante » et « blanchiment ». Parmi eux, trois policiers municipaux sont jugés pour corruption, accusés d’avertir certains commerçants des contrôles à venir.
Le comportement passif et négligent des propriétaires
Georges Dahan, 81 ans, principal propriétaire du marché, est également en première ligne de ce procès. Les investigations mettent en lumière une gestion jugée « opaque et frauduleuse », impliquant un comportement négligent des propriétaires qui les rendrait complices d’un trafic d’ampleur. Son avocat a défendu que Dahan n’est qu’un bailleur et non un contrefacteur.
Le sort du marché semble scellé
Les conséquences de ce procès pourraient être sévères, avec des condamnations pénales potentielles, la confiscation des murs, et des demandes d’indemnités de marques de luxe comme Dior et Hermès. En 2024, la France a saisi 21,47 millions de produits de contrefaçon, d’une valeur totale de 645,2 millions d’euros, selon l’Union des Fabricants.
Source : AFP
