Coupe du monde : des « pauses fraîcheur » qui réchauffent le climat

Coupe du monde : des « pauses fraîcheur » qui réchauffent le climat

La Coupe du monde de football 2026, qui se déroulera cet été en Amérique du Nord (États-Unis, Mexique et Canada), introduit une me innovante : une « pause fraîcheur » qui divise chaque mi-temps de quarante-cinq minutes en deux quart-temps de trois minutes. Cette initiative vise à permettre aux joueurs de se désaltérer et de se reposer dans un contexte de chaleur intense.

Cette décision, prise fin 2025, répond à des préoccupations concernant la santé des joueurs et des spectateurs, face à des températures potentiellement dangereuses. Cependant, elle soulève des questions sur la logique d’organiser un tel événement à une période où les canicules sont fréquentes dans ces régions, notamment en début d’été.

Contexte factuel

Organiser des matchs en plein été dans des zones sujettes à des vagues de chaleur pourrait être perçu comme problématique, surtout dans un contexte de réchauffement climatique. D’un autre côté, déplacer la compétition à l’hiver, comme cela a été fait pour l’édition 2022 au Qatar, perturbe le calendrier des championnats nationaux, affectant les recettes des fédérations.

De plus, la programmation des matchs en matinée ou en soirée en Amérique du Nord limite les opportunités d’attirer un public européen, impactant ainsi les revenus liés aux droits de retransmission.

Données ou statistiques

Le sponsoring et les droits de retransmission représentent désormais la principale source de financement des événements sportifs, dépassant largement les revenus de la billetterie. Les estimations actuelles évaluent l’empreinte carbone des Coupes et championnats majeurs à plus de 10 millions de tCO₂e. Cette situation contraste avec les promesses des organisateurs de réduire les émissions vers la neutralité dans les éditions futures.

Conséquence directe

Les pauses fraîcheur, bien qu’initialement conçues pour la santé des joueurs, deviennent également une opportunité pour les diffuseurs de diffuser des publicités, augmentant ainsi l’empreinte carbone de l’événement. Cela reflète une tendance plus large dans le sport moderne, où le consumérisme et les enjeux environnementaux s’entrelacent.

La situation pose donc la question de l’avenir des grands événements sportifs face aux défis climatiques actuels.

Source : Laurent Castaignède, BCO₂ ingénierie, Reporterre

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