Une étude Acta/Ipsos révèle le profil des nouveaux agriculteurs : connectés, exigeants et en quête d’un accompagnement sur me
À l’occasion de sa 70ème assemblée générale qui s’est tenue le 3 juin dernier à Paris, l’Acta (les instituts techniques agricoles) a présenté une enquête nationale inédite, réalisée par Ipsos BVA, auprès de plus de 300 exploitants installés depuis moins de cinq ans. Cette étude dresse le portrait d’une profession en pleine mutation, qui remet en question les codes traditionnels et exprime un fort besoin d’accompagnement plus personnalisé et adapté aux réalités du terrain.
Un profil qui sort des sentiers battus
L’enquête révèle que plus d’un tiers (34 %) des nouveaux agriculteurs n’ont pas de formation initiale agricole. Si les « héritiers » représentent encore 53 % des installations, la profession s’ouvre à de nouveaux profils, notamment des « reconvertis » (10 %) et des personnes issues du monde rural mais de familles non-agricultrices (35 %). Ces nouveaux venus se distinguent par une approche entrepreneuriale. Près de la moitié (47 %) valorisent leurs productions via un label de qualité, et 36 % diversifient leurs activités, telles que la vente directe, la transformation ou l’accueil à la ferme. Un tiers d’entre eux a également adopté des modes de production en agriculture biologique.
Une génération ultra-connectée mais insatisfaite
La recherche d’information est l’un des changements les plus marquants. Près de 72 % des agriculteurs s’informent via des supports digitaux, avec une préférence pour les réseaux sociaux (46 %), suivis des moteurs de recherche (34 %) et des sites spécialisés (33 %). Cependant, cette hyperconnexion s’accompagne d’une insatisfaction, avec une note moyenne de satisfaction de 6,7/10 concernant la qualité des informations disponibles. Les agriculteurs soulignent un manque de personnalisation et une difficulté à trouver des informations fiables. En conséquence, 50 % d’entre eux se disent prêts à payer pour une information de qualité.
Un besoin criant de formation et d’accompagnement
La formation continue est jugée importante par 92 % des nouveaux installés, avec 82 % d’entre eux manifestant un intérêt pour les formations des instituts techniques agricoles. Toutefois, la notoriété de ces instituts demeure faible, seuls 15 % des agriculteurs les citant spontanément comme source d’information, contrairement aux chambres d’agriculture (45 %) ou aux coopératives (20 %). Ce décalage entre l’offre d’expertise et la demande du terrain constitue un enjeu majeur pour l’avenir du secteur.
Paroles d’agriculteurs
Quatre jeunes exploitants ont partagé leurs expériences lors de la conférence. Edouard, viticulteur bio en Dordogne, a souligné l’importance de produire des vins de qualité. Jean-David, polyculteur-éleveur en Côte-d’Or, a exprimé son souhait d’autonomie dans la prise de décision. Géraldine, éleveuse de poules pondeuses en Seine-et-Marne, a averti que la vente directe ne doit pas masquer les défis économiques. Enfin, Elsa, éleveuse laitière dans l’Ain, a affirmé qu’« il est risqué de ne pas prendre de risque ».
Pour revivre l’événement et approfondir le sujet, l’Acta propose plusieurs ressources, dont un court film documentaire et une frise chronologique interactive sur 70 ans d’agriculture, accessibles sur leur site web.
Source : Acta/Ipsos
