Le seul fabricant kényan de puces ballotté par la géopolitique des États-Unis
Dans le centre du Kenya, entre deux plantations de thé, se trouve la première usine de semi-conducteurs d’Afrique de l’Est. Occupant une salle de conférences reconvertie en laboratoire sur le campus de l’université de technologie Dedan Kimathi, l’une des meilleures écoles d’ingénieurs du pays, cette installation représente une avancée significative pour l’industrie technologique locale.
À l’intérieur, des ingénieurs en mécatronique, vêtus de blouses blanches, franchissent des portes vitrées, se lavent les mains, se coiffent d’une charlotte et enfilent des surchauss. Derrière la dernière porte, une salle blanche illuminée par une lumière stérilisante abrite des galettes de silicium.
Le joyau de cette usine est une machine de lithographie de haute précision, surnommée “Ol’Borana”. Conçue et assemblée localement avec des composants importés, elle permet aux ingénieurs kényans de comprendre chaque pièce, facilitant ainsi la réparation ou la reproduction en cas de défaillance des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Stratégie de “friend-shoring”
Semiconductor Technologies Limited (STL), fondée par Anthony Githinji en 2018, est le fruit de trente années d’expérience dans le secteur des semi-conducteurs aux États-Unis. Bien que le laboratoire de STL soit modeste par rapport à d’autres usines, il représente un pas en avant pour le Kenya dans un domaine stratégique.
La géopolitique, notamment les tensions entre les États-Unis et la Chine, influence le secteur des semi-conducteurs. Les initiatives de “friend-shoring” visent à établir des chaînes d’approvisionnement plus résilientes en s’appuyant sur des partenaires considérés comme fiables. Cela pourrait offrir au Kenya une opportunité de se positionner comme un acteur clé dans cette dynamique.
Conséquence directe
L’essor de l’industrie des semi-conducteurs au Kenya pourrait non seulement renforcer l’économie locale, mais également contribuer à la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales, répondant ainsi à des enjeux géopolitiques contemporains.
Source : The Continent
