Insersup : un dispositif critiqué pour son approche de l’insertion professionnelle des diplômés
Le dispositif Insersup, mis en place pour évaluer l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur, est jugé par France Universités et Résosup comme étant trop limité et imprécis. Ces organisations estiment qu’il masque la réalité de l’insertion professionnelle des étudiants et pourrait nuire à l’image des universités. Elles soulignent que le maintien des enquêtes internes est crucial pour garantir des données fiables et représentatives.
Ce changement, qui remplace les enquêtes internes par un outil étatique, a pour but de centraliser les informations pour un pilotage national. Insersup est utilisé pour fournir des données aux étudiants et à leurs familles sur des plateformes comme Parcoursup et Mon Master. Toutefois, cette transition engendre une perte en qualité de la me, en précision dans l’analyse des parcours et en efficacité pour le pilotage local.
Les données d’Insersup, recueillies 12 mois après l’obtention du diplôme, ne reflètent pas une insertion professionnelle stabilisée, car elles dépendent fortement de la conjoncture économique immédiate. Les informations à 18 et 30 mois, bien que plus pertinentes, excluent certains diplômés, notamment ceux travaillant à l’étranger, ce qui fausse les résultats. Par exemple, à l’Université de Lorraine, les enquêtes internes indiquent un taux d’insertion de 93 % à 30 mois pour un master en Droit fiscal, tandis qu’Insersup ne montre qu’un taux d’emploi de 22 % à 12 mois.
De plus, les données publiées par mention de formation ne reflètent pas la diversité des parcours, rendant l’information plus complexe et moins lisible. Les spécificités liées aux profils des étudiants, aux territoires et aux débouchés sectoriels sont également masquées.
Dans ce contexte, les universités doivent renforcer leur ancrage territorial et adapter leur offre de formation. Les enquêtes internes sont essentielles pour fournir des analyses détaillées des parcours, des informations qualitatives sur les trajectoires et une compréhension précise de l’adéquation entre formation et emploi.
France Universités et Résosup insistent sur l’importance de maintenir et de soutenir financièrement ces enquêtes internes pour préserver les capacités d’analyse locales nécessaires à un pilotage éclairé et à une information transparente.
Source : France Universités, Résosup