Stop aux dépendances : Raphaël Auphan (Proton) est notre invité

Stop aux dépendances : Raphaël Auphan (Proton) est notre invité

Pour les DSI, la souveraineté numérique n’est plus un slogan politique. Elle est maintenant devenue une question de continuité d’activité, de maîtrise des risques, de confidentialité des échanges et de dépendance aux plateformes américaines. Dans ce nouvel épisode de l’Invité de la semaine, Raphaël Auphan, directeur général des opérations de Proton, aborde ces enjeux cruciaux.

L’Europe se rend compte que sa dépendance numérique est non seulement économique, mais également opérationnelle, juridique et stratégique. Actuellement, trois grands fournisseurs de cloud américains contrôlent environ 70 % du marché européen. En contraste, les fournisseurs européens ne représentent qu’environ 15 %. De plus, près de 80 % des dépenses européennes en logiciels et cloud d’entreprise vont vers des fournisseurs américains, et même les administrations publiques s’appuient largement sur Microsoft et Google.

Dans ce contexte, Proton se positionne comme une alternative. Fondée en 2014 après les révélations d’Edward Snowden, l’entreprise suisse, fondée par Andy Yen, a d’abord été reconnue pour Proton Mail, une messagerie chiffrée de bout en bout. Son offre s’est depuis élargie pour inclure des outils variés tels que Proton Drive, Proton Docs, et un assistant IA privé, Lumo.

Avec plus de 100 millions de comptes et une gouvernance sous l’égide de la Proton Foundation, Proton défend des principes clairs : vie privée, chiffrement, absence de modèle publicitaire, infrastructures européennes et indépendance vis-à-vis des grandes plateformes. Pour Raphaël Auphan, cette approche répond à une préoccupation croissante des DSI : sortir d’une dépendance devenue un risque métier.

Auphan souligne que les récentes actualités mettent en lumière la fragilité des dépendances technologiques en Europe. Il déclare que les directions informatiques réalisent le risque d’une dépendance à une technologie qui peut être retirée par une administration étrangère à tout moment. Il évoque le « kill switch », ou « bouton de la mort numérique », accessible à l’administration américaine.

Il estime que même les clouds dits de confiance ne résolvent qu’une partie du problème. Si la technologie reste américaine, le risque demeure, simplement différé. Proton mise sur deux piliers : le chiffrement et une infrastructure exclusivement européenne. Auphan insiste sur le fait que Proton n’a pas accès aux contenus de ses clients, les données étant hébergées dans des datacenters en Suisse, en Allemagne et en Norvège.

Proton élargit son offre avec Proton Workspace, visant à couvrir les besoins essentiels de collaboration. Auphan affirme que sur les fonctions clés, la couverture fonctionnelle est équivalente, même si Microsoft 365 et Google Workspace offrent des fonctionnalités plus avancées pour certains grands comptes.

La migration vers Proton est un enjeu central, ciblant principalement les PME et ETI, avec des migrations progressives. Le programme Easy Switch for Business permet aux équipes IT de gérer les transitions tout en maintenant une synchronisation temporaire entre les environnements.

Enfin, Proton souhaite transformer la souveraineté numérique en gestion rationnelle des risques, plutôt qu’en posture patriotique. L’ambition de l’entreprise est d’atteindre un milliard d’utilisateurs d’ici 2030 et de tripler le nombre d’organisations clientes dans les prochaines années.

Source : Éléments d’actualité de l’Invité de la semaine avec Raphaël Auphan.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *