Vingt ans du Quai Branly : retour sur l’histoire du musée qui fait « dialoguer les cultures »
Le musée du Quai Branly, emblématique de Paris, célèbre son vingtième anniversaire avec un week-end de festivités incluant concerts et ateliers. Depuis son ouverture, cet établissement, dédié aux arts d’Afrique, d’Océanie et des Amériques, a attiré 25 millions de visiteurs, se hissant parmi les musées les plus fréquentés au monde dans sa catégorie.
Aux origines du Quai Branly
Le 7 octobre 1996, le président Jacques Chirac annonce la création d’un musée consacré aux arts premiers, reflet de son engagement contre l’ethnocentrisme. L’objectif est de promouvoir un dialogue entre les cultures, une démarche jugée atypique pour un musée. Malgré les résistances, notamment de la part des conservateurs du musée de l’Homme, le projet est lancé. En 1999, l’architecte Jean Nouvel est sélectionné pour concevoir le bâtiment, un chantier de 232 millions d’euros.
Une inauguration et des critiques
Le musée est inauguré le 23 juin 2006, en présence de personnalités telles que Kofi Annan et Claude Lévi-Strauss. Les collections permanentes, regroupant 3 500 objets, sont présentées sur un plateau de 4 500 m². Dans son discours, Jacques Chirac souligne l’importance de rendre hommage aux peuples souvent marginalisés par l’histoire. Toutefois, des critiques émergent, notamment sur la présentation des œuvres hors de leur contexte colonial, qualifiée par certains de « musée des illusions ».
Expositions marquantes et dialogue culturel
Au fil des ans, le musée a su s’imposer comme un lieu de recherche et d’échange. Des expositions comme « Amazonia » et « Maori, nos trésors ont une âme » ont été réalisées en collaboration avec les communautés d’origine. En 2011, l’ancien footballeur Lilian Thuram est nommé commissaire d’exposition, mettant en lumière l’histoire des zoos humains, un sujet délicat lié à la colonisation.
L’exposition « Tatoueur, tatoué », qui a duré un an et demi, a attiré plus de 700 000 visiteurs, mêlant art ancestral et culture populaire. Cette démarche a permis au musée de toucher un public plus large et diversifié.
Restitutions et enjeux contemporains
Le musée du Quai Branly est également au cœur des débats sur la restitution des œuvres d’art. En novembre 2021, la France a restitué 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey au Bénin, un acte symbolique d’un processus engagé par le président Emmanuel Macron. En février 2023, un tambour parleur volé en 1916 a été restitué à la Côte d’Ivoire.
Avec ses 380 000 œuvres, dont 72 000 d’origine africaine, le musée est un acteur clé dans la question de la restitution des biens culturels, un processus facilité par une loi-cadre promulguée en mai 2023.
Conclusion
Le musée du Quai Branly continue de jouer un rôle essentiel dans le dialogue interculturel et la redéfinition des relations entre l’Occident et les cultures non occidentales.
Source : France 24
