Second tour de la présidentielle en Colombie : duel entre la gauche au pouvoir et une droite pro-Trump
Le 21 juin, la Colombie se dirige vers un second tour de l’élection présidentielle, où les électeurs devront choisir entre un virage à droite ou le maintien du cap actuel. La violence, qui connaît une recrudescence, sera un enjeu central de cette élection.
Abelardo de la Espriella, un avocat de 47 ans, novice en politique et soutenu par l’ancien président américain Donald Trump, se positionne comme un « outsider » patriote. Son discours, virulent contre les guérillas et la gauche, se heurte à celui d’Ivan Cepeda, sénateur de 63 ans, qui bénéficie de la popularité du président sortant Gustavo Petro, le premier président de gauche de l’histoire du pays.
Dix ans après la signature de l’accord de paix avec les Farc, la Colombie est confrontée à une flambée de violence, marquée par des meurtres de dirigeants communautaires et d’attentats. Hermes Ortega, un guide touristique du Putumayo, exprime son inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire, déclarant : « Aucun des deux candidats n’est capable de résoudre le problème de la violence. »
De la Espriella, surnommé « Le Tigre », incarne un rejet des politiques de Petro, qui, selon lui, n’ont pas produit de résultats tangibles. Il promet de défendre la Colombie « par la raison ou par la force », en opposition à une approche axée sur la négociation de la paix. Ivan Cepeda, fils d’un homme politique communiste assassiné, se positionne comme un ardent défenseur des victimes du conflit armé, tout en étant prêt à modifier la stratégie de « paix totale » initiée par Petro.
Le candidat de la droite, critiqué pour ses déclarations controversées, promet des mes radicales, y compris la construction de méga-prisons et des bombardements de camps de narcotrafiquants. Il vise également une réduction de 40 % de l’appareil d’État, une baisse des impôts et le développement de la fracturation hydraulique.
Les deux candidats illustrent une polarisation croissante de l’opinion colombienne. Cepeda, avec un style plus sobre, promet d’approfondir les réformes sociales. Il insiste sur la nécessité de placer « les pauvres d’abord » dans les priorités politiques, tout en affirmant que la Colombie ne sera pas une « colonie » des États-Unis.
Cette élection est ainsi marquée par des enjeux de sécurité, de politique sociale et de relations internationales, dans un contexte où la Colombie fait face à des défis majeurs liés à la violence et à l’inégalité.
Source : TV5MONDE
