Faut-il forcer les élèves à lire ?
À l’occasion de la Journée mondiale du livre, célébrée le 23 avril 2026, le CIDJ (Centre d’information et de documentation jeunesse) a examiné le rapport des jeunes Français à la lecture. Une étude réalisée par Ipsos pour le Centre national du livre révèle une tendance inquiétante : la pratique de la lecture est en déclin, particulièrement chez les adolescents. Ce phénomène met en lumière les tensions entre la lecture scolaire et celle pour le plaisir.
Les résultats de l’étude soulignent la forte concurrence des écrans, avec les jeunes passant en moyenne dix fois plus de temps devant un écran que dans un livre. Pour raviver l’intérêt pour la lecture, l’école pourrait jouer un rôle clé. Toutefois, la question se pose : est-il possible de transmettre le goût de la littérature sans imposer une contrainte ? Les souvenirs de lectures obligatoires ou l’influence d’un enseignant passionné peuvent avoir un impact significatif sur l’affection des élèves pour la lecture.
L’étude, menée auprès de 1 500 jeunes âgés de 7 à 19 ans, met en évidence des disparités selon les groupes. Les filles et les enfants de 7 à 12 ans conservent un lien étroit avec les livres, tandis que les garçons de plus de 15 ans sont les plus susceptibles de décrocher. En outre, la pratique de la lecture diminue avec l’âge : 19 % des jeunes déclarent ne pas lire pour le plaisir, un chiffre qui atteint 33 % chez les 16-19 ans. Parallèlement, le rapport à la lecture scolaire se dégrade, de plus en plus d’adolescents la considérant comme une contrainte.
Ce phénomène ne se limite pas à l’environnement scolaire ; il est également observé dans le cadre privé. Les nouvelles méthodes de découverte des livres se déplacent vers des plateformes en ligne. Des réseaux sociaux comme TikTok et Instagram émergent en tant que véritables conseillers littéraires pour les jeunes, influençant leurs choix de lecture et leur permettant de redécouvrir des classiques.
Source : CIDJ, étude Ipsos pour le Centre national du livre, mars 2026.