La parole de la France est très dégradée au niveau européen, selon Aurore Lalucq
Cette semaine, Aurore Lalucq, députée européenne de l’alliance des socialistes et démocrates et présidente de la Commission des Affaires économiques et monétaires au Parlement européen, a commenté la motion de cen qui a récemment renversé le gouvernement français. Elle a évoqué l’inquiétude croissante de l’Europe face à cette instabilité politique.
L’Assemblée nationale française a voté une motion de cen contre le gouvernement de Michel Barnier, soulevant des préoccupations parmi les partenaires européens. Lalucq a déclaré : « Il y a une grande inquiétude parce que nous connaissons le rôle de la France dans la construction européenne et son importance d’un point de vue économique. »
La députée a justifié son vote en soulignant les difficultés pour un social-démocrate de soutenir un gouvernement qui cherche le soutien de l’extrême droite. Elle a également pointé du doigt Emmanuel Macron, affirmant qu’il est responsable de cette situation en ayant dissous l’Assemblée nationale. Dans une tribune conjointe avec le député Raphaël Glucksmann, elle a appelé les forces opposées au Rassemblement national à collaborer pour établir un gouvernement provisoire.
En pleine crise politique, la France est confrontée à une grève nationale des enseignants, révélant des failles dans le système éducatif. Lalucq a noté que la France fait partie des pays de l’OCDE qui investissent le moins dans l’éducation nationale, ce qui pose des questions à la fois sociales et économiques.
Concernant la situation budgétaire, la France affiche un déficit record de 6,1 %. Lalucq a insisté sur le fait que les agences de notation ne devraient pas dicter la politique économique du pays, tout en reconnaissant la nécessité d’une trajectoire crédible en matière d’économies.
Elle a également exprimé des inquiétudes face à la « vague idéologique d’extrême droite » en Europe, appelant à un renouvellement de la social-démocratie pour mieux défendre les intérêts des Européens.
Sur le plan international, Aurore Lalucq a critiqué l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, affirmant qu’il ne faut pas approfondir la mondialisation. Elle a exprimé des doutes sur la capacité d’Emmanuel Macron à bloquer cet accord, déclarant que « la parole de la France est très dégradée au niveau européen ».
Enfin, au sujet de la Géorgie, où des manifestations ont eu lieu suite à la suspension du processus d’adhésion à l’Union européenne, elle a regretté le manque d’engagement de la France à l’Est, affirmant que l’avenir de la Géorgie est en Europe.
Source : France 24
