Viols de guerre : les enfants de plus en plus pris pour cibles
Réunis vendredi au siège des Nations Unies à New York pour marquer la journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, des responsables onusiens ont souligné que la guerre transforme de plus en plus les enfants en cibles.
« La violence sexuelle contre les enfants est une stratégie délibérée visant à punir des populations et à déchirer le tissu social », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Dans son message, il a dénoncé un « nombre choquant » de filles et de garçons victimes de viols, d’esclavage sexuel, de mariages forcés et de traite des êtres humains.
Le dernier rapport du chef de l’ONU recense près de 9 800 cas de violences sexuelles liées aux conflits vérifiés en 2025, soit près du double de l’année précédente. Les femmes et les filles représentent l’immense majorité des victimes, tandis que les enfants occupent une place de plus en plus grande dans cette violence. Selon un autre rapport annuel publié cette semaine sur les enfants et les conflits armés, 1 779 enfants ont été victimes de viols ou d’autres formes de violences sexuelles en 2025, dont près de 99 % étaient des filles.
Ces crimes sont souvent commis pour détruire les communautés visées. Vanessa Frazier, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, explique que les plus jeunes enfants sont violés pour terroriser des populations, punir des communautés, contrôler des territoires, ou financer des groupes armés. Les conséquences de ces actes vont bien au-delà des victimes directes, engendrant grossesses forcées, traumatismes psychiques, infections sexuellement transmissibles, exclusion sociale et abandon scolaire.
La peur des représailles et l’effondrement des systèmes judiciaires et de santé empêchent de nombreuses victimes de s’exprimer. Les Nations Unies rappellent que les cas vérifiés ne représentent qu’une fraction de l’ampleur réelle du phénomène.
Face à cette situation, l’ONU appelle les États à renforcer le financement des programmes destinés aux survivants et à placer les enfants au cœur des processus de paix. Faute de quoi, la communauté internationale risque de voir une génération d’enfants devenir des dommages collatéraux des conflits qui s’intensifient à travers le monde.
Source : ONU.
