Sida : 45 ans après la découverte du virus, retour sur l’histoire d’une pandémie aux 44 millions de morts
En juin 1981, la Californie signale les premiers cas de sida, identifiés chez des patients souffrant d’une forme rare de pneumonie. Quarante-cinq ans plus tard, cette maladie a causé plus de 40 millions de décès dans le monde. Dans son ouvrage, Marion Aballéa examine les enjeux qui font du VIH-sida une maladie singulière, dressant un portrait complet de cette « première pandémie des temps modernes », dont la fin est envisagée pour 2030.
Le travail de l’historienne s’adresse à un public varié, allant des curieux aux chercheurs en sciences sociales et médicales. Il interroge la relation de nos sociétés contemporaines au risque infectieux et pandémique, en analysant des éléments fondamentaux tels que les politiques de santé publique, les solidarités et les rivalités internationales, ainsi que les comportements individuels face au risque de transmission et notre rapport à la science.
Marion Aballéa, historienne de la diplomatie de la santé, souligne : « J’ai d’abord travaillé sur l’histoire des relations internationales et je me suis intéressé à l’histoire de la diplomatie en santé. Avec l’ouverture des archives plus de 40 ans après le début de la pandémie, une documentation sur les enjeux internationaux, politiques et sociaux liés au VIH Sida devient accessible. »
Son livre s’appuie sur de nombreux travaux publiés en sociologie, politique et anthropologie, enrichis par l’étude d’archives inédites. Elle note que cette pandémie a touché à la fois les pays les plus riches et les plus pauvres.
La recherche de Marion Aballéa se concentre sur trois régions : l’Amérique du Nord, où la pandémie a été identifiée, l’Europe, marquée par des complexités géopolitiques persistantes, et l’Afrique. Elle affirme : « Le sida est une pandémie mondiale, mais c’est avant tout une catastrophe africaine ; plus des trois quarts des décès liés au VIH Sida ont eu lieu en Afrique. »
Dans son discours de réception d’un prix au Sénat, elle conclut : « C’est un livre qui interroge les réponses collectives à un défi inédit. Qu’une institution comme le Sénat puisse penser qu’elle a des choses à apprendre de ce travail, c’est un signal important. »
Anne Souyris, sénatrice de Paris et membre du jury, ajoute que le livre de Marion Aballéa offre un nouvel éclairage sur l’évolution de l’épidémie : « Ce livre propose une introduction magistrale à l’histoire de la médecine et de la mobilisation contre cette pandémie… qui n’est pas finie ! » En 2024, plus de 630 000 personnes sont décédées du virus, mais depuis 2010, les nouvelles infections au VIH ont diminué de 40 %.
Le Prix du Sénat du livre d’histoire est décerné chaque année depuis 2003 par le Sénat, en partenariat avec la revue L’Histoire, France Culture et la chaîne de télévision Public Sénat.
Source : Marion Aballéa, Une histoire mondiale du sida (1981-2025), CNRS Éditions.
