C’est « le goulag » chez Meta : la course à l’IA tourne au cauchemar pour les employés
« C’est littéralement le goulag. Du jour au lendemain, vous n’avez plus aucun but dans la vie ». Cette déclaration d’un employé de Meta illustre le climat de travail difficile au sein de l’entreprise. La course au développement de l’intelligence artificielle (IA) menée par le groupe semble se faire au détriment de la santé mentale de ses salariés.
Un climat de travail délétère
Les témoignages d’employés décrivant une ambiance délétère chez Meta se multiplient. Lors d’une récente réunion ouverte, un employé a interrompu la discussion pour exprimer son ras-le-bol, qualifiant son rôle de « marionnette de l’entreprise ». Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par le programme « Model Capability Initiative », contesté par de nombreux salariés, et une faille de sécurité majeure touchant les comptes Instagram, signalant ainsi des turbulences au sein de l’entreprise de Mark Zuckerberg.
La division IA au bord de la crise
Meta a récemment créé l’unité Applied AI, comptant 6 500 personnes, pour le développement de l’IA. Entre 30 et 50 % des ingénieurs issus des équipes de produits, d’infrastructure et de sécurité ont été redéployés vers des tâches d’étiquetage des données et d’apprentissage par renforcement. Ces changements ont conduit à une dégradation des conditions de travail. Un employé a ainsi déclaré : « C’est littéralement le goulag. Du jour au lendemain, vous n’avez plus aucun but dans la vie ».
Andrew Bosworth, directeur technique, a reconnu que la réorganisation autour de l’IA était « catastrophique », tandis que Chris Cox, directeur des produits, a comparé la situation à « courir un marathon en pleine tempête de grêle ». Malgré cette morosité, le chiffre d’affaires de Meta a atteint 56,3 milliards de dollars au premier trimestre 2026.
Réaffectations massives et scandales
En une semaine, Meta a supprimé 8 000 emplois et réaffecté 7 000 employés vers de nouvelles équipes axées sur l’IA. Certains ont exprimé leur mécontentement face au programme « Model Capability Initiative », qui collecte des données sur les mouvements de souris et les frappes au clavier pour entraîner les modèles d’IA. En réponse à ces inquiétudes, Mark Zuckerberg a accordé une pause de 30 minutes par jour sans collecte de données, sous certaines conditions.
L’entreprise a également été confrontée à un grave scandale de sécurité, où il a été révélé qu’interagir avec Meta AI permettait de pirater des comptes Instagram. Cette faille est en partie attribuée à la réaffectation d’équipes de sécurité vers le développement de l’IA.
Zuckerberg a reconnu que les réorganisations avaient « causé du stress » et a promis qu’il n’y aurait plus de licenciements d’ici la fin de l’année 2026, tout en augmentant les budgets pour les événements d’entreprise.
Source : Wired
