À 33 ans, Aurore et Antoine Joubert quittent tout pour élever des chèvres et trouver la liberté
À Bézaudun-sur-Bine, dans la Drôme, Aurore et Antoine Joubert ont décidé de changer radicalement de vie en se lançant dans l’élevage caprin. À 33 ans, ce couple a quitté leurs emplois respectifs pour réaliser un rêve : travailler à leur compte et maîtriser leur destin.
Un parcours atypique
Aurore, originaire du Vercors, a grandi dans une famille d’agriculteurs, mais elle ne se voyait pas suivre cette voie. Après des études en ébénisterie et une carrière de guide touristique, elle a rencontré Antoine, ancien sergent dans l’armée. Ce dernier a entrepris une reconversion professionnelle grâce à une formation financée par le dispositif Défense Mobilité. Ensemble, ils ont élaboré un projet ambitieux : reprendre une ferme et gérer l’ensemble de la chaîne, de l’élevage à la vente.
Une ferme à taille humaine
Le couple a trouvé leur exploitation grâce à la plateforme Eloi, qui met en relation des propriétaires souhaitant céder leur ferme avec des candidats à la reprise. Après une visite marquante, ils ont acquis la ferme pour 402 000 euros, matériel compris. Ils ont officiellement pris la relève d’un couple d’éleveurs de chèvres en retraite le 1er juillet 2024.
Une vie de labeur
Leur quotidien est désormais rythmé par la gestion d’un troupeau de 120 chèvres. Antoine s’occupe des soins et de la traite, tandis qu’Aurore gère la fromagerie et la vente, produisant entre 400 et 600 picodons AOP par jour selon la saison. Les journées commencent tôt, à 5 h 30 pour Antoine et à 9 h pour Aurore, après avoir déposé leurs trois enfants à l’école.
Défis et sacrifices
Le métier d’éleveur exige un engagement constant, sans week-ends garantis ni vacances improvisées. Pour gérer ce rythme, ils peuvent faire appel à des salariés agricoles. Les débuts ont également été marqués par des défis techniques, notamment en matière de gestion sanitaire et de fromagerie.
Situation financière
Avant ce changement de vie, Antoine gagnait un peu plus de 2 000 euros par mois dans l’armée, tandis qu’Aurore était femme au foyer. Aujourd’hui, ils se versent un salaire minimum chacun, soit environ 1 440 euros par personne. Leur chiffre d’affaires mensuel est d’environ 10 000 euros, mais ils doivent déduire près de 6 000 euros de remboursements de crédits et environ 2 000 euros de charges.
Conclusion
Près de deux ans après leur installation, Aurore et Antoine ne regrettent rien. Ils encouragent ceux qui envisagent de changer de vie à se lancer, affirmant que même si le travail est intense, la liberté qu’ils ont acquise est inestimable.
Source : Le Figaro
