Thomas Lubanga : De l’allié de Kinshasa au chef rebelle
Thomas Lubanga, ancien chef de guerre, a longtemps été un allié du gouvernement congolais. Reçu par Félix Tshisekedi en 2020 pour pacifier la province de l’Ituri, il a ensuite été chargé de négocier la reddition des miliciens, avant d’être lui-même pris en otage. Son soutien à la réélection de Tshisekedi en 2023 marque un tournant. En 2024, les relations se détériorent, et Lubanga s’installe en Ouganda où il fonde un mouvement politico-militaire, la Convention pour la révolution populaire/Force pour la révolution populaire (CRP/FRP), engageant des combats contre les Forces armées de la RDC (FARDC) et ouvrant des négociations restées sans réponse officielle de Kinshasa.
Contexte factuel
Lubanga a été condamné par la Cour pénale internationale (CPI) le 14 mars 2012 pour l’enrôlement et la conscription d’enfants soldats entre 2002 et 2003. Libéré le 15 mars 2020, il est impliqué dans des initiatives de paix en Ituri, déclarant en décembre 2020 que la situation à Djugu était un « crime contre l’humanité et un génocide ». En avril 2021, il critique l’inaction des autorités face aux violences dans la région et appelle à une intervention internationale. En février 2022, une mission de négociation avec des miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) se solde par une prise d’otages, mais Lubanga est libéré en avril.
Données ou statistiques
Selon un rapport du groupe d’experts des Nations unies, Lubanga s’est établi en Ouganda en juillet 2024, où il a rencontré des dirigeants de l’AFC/M23. Le 24 février 2025, la CRP/FRP lance une attaque contre une base navale des FARDC, entraînant plusieurs victimes. En mars 2025, le général ougandais Muhoozi Kainerugaba menace le gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya, après des affrontements qui ont coûté la vie à 242 miliciens, selon des déclarations de l’UPDF.
Conséquence directe
La rupture entre Lubanga et le gouvernement de Kinshasa, ainsi que ses actions militaires et politiques, soulignent la complexité et l’instabilité persistantes en Ituri. Les canaux de discussion ouverts depuis 2025 n’ont pas abouti à des réponses officielles de la présidence congolaise.
Source : RFI
