Coupe du monde 2026. L’Europe et l’Amérique latine n’ont pas le monopole du supportérisme engagé !

La Coupe du Monde 2026 : Un Supportérisme Engagé au-delà des Frontières

La Coupe du Monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, met en lumière une culture de supportérisme qui s’étend bien au-delà des frontières traditionnelles de l’Europe et de l’Amérique latine. Un exemple frappant de cette dynamique se trouve dans la région de la Cascadie.

Connaissez-vous la Cascadie ? Cette région transfrontalière, qui englobe les villes de Portland et de Seattle aux États-Unis, ainsi que Vancouver au Canada, existe surtout dans l’imaginaire de ses habitants. Elle est le théâtre d’une rivalité unique entre les supporters de ses trois grands clubs, tant chez les hommes que chez les femmes.

Ron Krabill, professeur à l’Université de Washington à Bothell, a étudié cette culture de supportérisme local. Selon lui, le caractère binational et triangulaire de cette rivalité, qui remonte à cinquante ans, ne permet pas vraiment de parler de « derby », mais cela n’enlève rien à son intensité.

Cette rivalité a même donné naissance à la « Cascadia Cup », un trophée attribué chaque année par les supporters au club ayant remporté le plus d’affrontements directs. Lorsque la Major League Soccer (MLS) a tenté de revendiquer cette compétition en enregistrant son nom comme marque déposée, les supporters se sont unis pour défendre leur cause, allant jusqu’à former une entité juridique et porter plainte, ce qui leur a finalement donné raison.

Les prises de position au sein des stades, comme le combat contre le fascisme ou le harcèlement sexuel dans le sport, renforcent une identité partagée parmi les supporters. Ces luttes communes témoignent d’une passion pour le soccer qui va au-delà du simple divertissement, intégrant des valeurs progressistes que l’on associe souvent à la région.

Les Américains, souvent perçus comme des consommateurs blasés, se révèlent en réalité être des supporters engagés, soucieux de préserver la signification collective du football et de renforcer leurs sentiments d’appartenance.

Cette dynamique de supportérisme engagé illustre que la passion pour le football n’est pas l’apanage des seules nations européennes ou latino-américaines, mais s’épanouit également dans des régions comme la Cascadie, où le sport devient un vecteur de changement social et d’identité collective.

Source : Ouest-France

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