Iran–États-Unis : un accord de paix est-il possible ?

Iran–États-Unis : un accord de paix est-il possible ?

L’Iran et les États-Unis ont annoncé, le 14 juin, un protocole d’accord qui doit être signé le 19 juin à Genève. Cette initiative marque l’ouverture d’une nouvelle phase de négociations entre les deux pays, trois mois après le déclenchement de la guerre. Le texte prévoirait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus américain visant les ports iraniens. Cependant, plusieurs questions majeures restent en suspens, notamment sur le programme nucléaire iranien.

Du côté iranien, le conflit a aggravé les difficultés économiques du pays, déjà fragilisé par les affrontements de 2025. Néanmoins, il n’a pas entraîné l’effondrement attendu du régime. Au contraire, la guerre semble avoir ravivé le sentiment national et consolidé la position des autorités iraniennes. Du côté américain, l’ouverture de ces négociations marque une rupture dans la manière dont Washington envisage ses relations avec Téhéran, remettant en question les limites de l’opération militaire menée par Donald Trump.

La situation intérieure sur le plan politique reste incertaine. Avant la guerre, l’Iran traversait une grave crise politique, exacerbée par les manifestations de janvier 2026 et la répression qui a suivi, causant des milliers de morts. À cette époque, une partie de la population exprimait une colère telle que certains demandaient une intervention militaire des États-Unis. Toutefois, face à l’ampleur des bombardements, un réflexe nationaliste est apparu, avec une compréhension croissante que l’objectif des États-Unis et d’Israël n’était pas d’apporter la démocratie, mais d’affaiblir le pays.

Sur le plan économique, la situation s’est fortement dégradée. L’inflation atteindrait au moins 80 % en mai 2026 d’après la Banque Centrale d’Iran, tandis que le FMI prévoit 70 % pour l’ensemble de l’année 2026. Les autorités iraniennes évoquent deux millions de pertes d’emploi pendant la guerre et des destructions d’infrastructures estimées à 300 milliards de dollars.

Le protocole d’accord prévoit une période de soixante jours de négociation sur des sujets centraux comme le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions. Concernant le nucléaire, les discussions pourraient porter sur l’enrichissement d’uranium et le devenir du stock iranien enrichi à 60 %. Un fonds de 300 milliards de dollars pour financer la reconstruction de l’économie iranienne devrait également être mis en place.

En conclusion, bien que des obstacles subsistent, notamment des oppositions politiques aux États-Unis et en Israël, la signature de ce protocole d’accord représente une première étape vers un potentiel compromis.

Source : Thierry Coville, chercheur à l’IRIS.

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