Mort de Lyhanna : « La justice n’est pas réparée, elle est tout juste rapiécée »
La mort de Lyhanna, 11 ans, disparue le 29 mai 2026 à la sortie de son collège à Fleurance et retrouvée quelques jours plus tard, soulève des questions profondes sur la protection des enfants en France. Cet événement tragique ne concerne pas uniquement la famille de la victime, mais interpelle l’ensemble de la société sur sa capacité à protéger les plus vulnérables.
Les réactions à cette affaire mettent en lumière des accusations de laxisme et des propositions de réforme. Parmi celles-ci, la création d’un parquet spécialisé dans les violences faites aux femmes et aux enfants a été évoquée. Cependant, cette initiative pourrait ne pas avoir l’impact escompté, car elle risquerait de se concentrer sur les cas les plus graves, laissant de côté les actes de violence quotidiens.
Il est essentiel de distinguer les erreurs individuelles des défaillances systémiques. Si des fautes ont été commises, elles doivent être identifiées et sanctionnées. Par exemple, une plainte pour viol sur une enfant de 7 ans a été classée sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée », et des procédures ont été ouvertes sans que les suspects soient entendus en raison de problèmes de compétence territoriale.
L’affaire Lyhanna met également en exergue l’insuffisante appréhension par la justice des violences sur mineurs. Près de 75 % des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite, un phénomène qui témoigne d’une justice débordée et incapable de traiter toutes les affaires signalées.
Le parquet d’Auch, qui a été pointé du doigt, souffre d’un sous-effectif chronique. Il a été réduit à un seul magistrat pour un département entier, ce qui a conduit à une accumulation de retards dans le traitement des dossiers. La protection de l’enfance nécessite une réaction rapide, et le temps est un facteur crucial.
Malgré des promesses politiques, la protection de l’enfance ne semble pas être une priorité dans les politiques publiques. Les exemples de violences à l’école, de fléaux tels que l’inceste, et l’état dégradé de l’aide sociale à l’enfance sont encore trop nombreux. Les mes élémentaires, comme l’instauration d’une ordonnance de sûreté pour les enfants, restent à l’état de proposition.
La protection des enfants devrait être au centre des préoccupations sociétales et politiques. Les enfants, considérés comme l’avenir de la société, méritent une attention et des ressources adéquates pour garantir leur sécurité et leur bien-être.
Source : La Croix
