Zimbabwe : Le Parlement approuve une réforme qui pourrait maintenir Mnangagwa au pouvoir jusqu’en 2030
Au Zimbabwe, la chambre basse du Parlement a approuvé, le 18 juin 2026, un projet de loi visant à prolonger la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans. Ce texte doit encore être examiné par le Sénat, qui est également dominé par la Zanu-PF, le parti au pouvoir. Si la réforme est validée, le président Emmerson Mnangagwa, en fonction depuis 2017, pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2030 sans nouvelles élections, alors que son deuxième mandat est censé s’achever en 2028.
Plus des deux tiers des députés zimbabwéens ont voté en faveur de cette réforme. En plus de l’allongement du mandat, le texte prévoit que le président soit désormais élu par le Parlement plutôt que par suffrage universel. Lovemore Madhuku, professeur de droit et membre de l’opposition, a commenté cette adoption en affirmant que les députés votaient pour eux-mêmes, car cette me pourrait également prolonger leur propre mandat. Il a souligné que la majorité des Zimbabwéens s’opposent à cette réforme, la qualifiant d’atteinte à la démocratie et à la dignité du peuple.
La Constitution du Zimbabwe, adoptée en 2013, stipule que toute tentative de prolongation d’un mandat présidentiel doit être approuvée par référendum. Cependant, la Cour constitutionnelle a déjà rejeté un recours visant à bloquer ce projet de loi controversé. La fronde contre cette réforme dépasse les rangs de l’opposition, englobant également la société civile, des officiers à la retraite et des membres du parti majoritaire.
En mars 2026, un ancien haut gradé de l’armée de l’air, Henry Muchena, a déposé une pétition contre la réforme, demandant un référendum national. Ce groupe de vétérans a averti les parlementaires qu’ils pourraient être complices d’une violation de la Constitution. Des réserves ont également été exprimées par le vice-président Constantino Chiwenga, qui avait précédemment accusé des alliés du président d’avoir détourné des fonds publics pour financer le projet de prolongation du mandat.
Cette situation soulève des interrogations sur l’avenir politique du Zimbabwe et la stabilité démocratique dans le pays.
Source : RFI
