Un enfant tué par jour à Gaza : le cessez-le-feu, « une illusion cruelle et meurtrière »
Dans une période censée être marquée par la retenue et la protection des civils, un enfant a été tué en moyenne chaque jour à Gaza depuis plus de huit mois. Ce constat alarmant, relayé par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), souligne le fossé entre les objectifs affichés du cessez-le-feu et la réalité vécue par les enfants palestiniens.
Des enfants tués chez eux
S’exprimant depuis Amman, un porte-parole de l’UNICEF a rapporté que cette semaine, un petit garçon de deux ans a été tué par des tirs de l’armée israélienne, tandis qu’un autre garçon de 13 ans a perdu la vie à l’intérieur de sa tente. Un garçon de 5 ans et son père ont également été tués par une frappe israélienne, ajoutant deux noms à une liste tragique qui ne cesse de s’allonger.
L’agence onusienne rappelle que ces enfants n’ont pas été tués dans une zone de guerre, mais chez eux, à l’école, en jouant au football ou en pêchant. Ils ont été touchés par des tirs, des drones ou des bombardements. « Le fait que des enfants puissent continuer à être tués à une telle échelle pendant un cessez-le-feu devrait alarmer tous les gouvernements et toutes les institutions qui prétendent défendre le droit international », a déclaré James Elder, le porte-parole.
Les cicatrices d’une génération
Pour illustrer cette réalité, l’UNICEF a détaillé plusieurs cas récents. Cette semaine, une fillette de 12 ans a été blessée à la poitrine par une balle tirée depuis une mitrailleuse montée sur une grue, tandis qu’une autre fillette de trois ans a été touchée au visage par un tir provenant d’un drone. « Alors que le monde continue de parler de cessez-le-feu, les familles de Gaza continuent d’enterrer leurs enfants. Si un enfant est tué chaque jour, le débat ne porte plus sur la qualité du cessez-le-feu, mais sur sa crédibilité », a insisté M. Elder.
Plus de 400 enfants ont été blessés, beaucoup présentant des bless graves. Des médecins traitent des hémorragies cérébrales et des traumatismes qui marqueront ces enfants à vie. Par ailleurs, des centaines d’enfants nécessitent une évacuation médicale d’urgence, mais les restrictions sur les médicaments essentiels aggravent leur souffrance et augmentent le risque d’infections et de complications.
Malgré un léger mieux, l’aide reste toujours entravée
Actuellement, près de 1,9 million de personnes sont déplacées à Gaza, dont plus de 1,2 million ont perdu leur logement. Dans un point de situation présenté au Conseil de sécurité, Tom Fletcher, chef des secours d’urgence de l’ONU, a signalé que le taux de refus par Israël des missions d’aide à destination de Gaza a diminué de 31 % avant le cessez-le-feu à 11 % aujourd’hui. Cependant, des problèmes majeurs demeurent, notamment des retards dans la livraison de l’aide humanitaire et l’accumulation de déchets solides, exacerbant la crise sanitaire.
L’UNICEF souligne que, bien qu’une partie du carburant parvienne aux générateurs, les autorités israéliennes n’autorisent pas l’entrée de pièces de rechange nécessaires à la réparation des machines. Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), a mis en garde contre les conséquences sanitaires de cette situation.
Source : UNICEF
