L’IA, solution artificielle ?
L’intelligence artificielle (IA) soulève des préoccupations croissantes quant à ses impacts environnementaux et sociaux. En effet, son développement repose sur une infrastructure énergétique et matérielle conséquente. L’entraînement des modèles les plus avancés requiert des quantités considérables d’électricité, d’eau et de ressources naturelles, tout en générant une empreinte carbone difficile à quantifier en raison du manque de données disponibles. Bien que des entreprises comme Mistral AI commencent à publier des rapports sur leur impact environnemental, la majorité des acteurs du secteur restent peu transparents.
Les risques associés à l’extraction des matières premières nécessaires à l’IA, souvent concentrée dans des zones géopolitiquement sensibles, soulèvent également des questions sur la durabilité de la chaîne de valeur de l’IA. Malgré les discours qui présentent l’IA comme un outil pour favoriser la transition écologique, les effets rebonds et les externalités négatives pourraient annuler les bénéfices escomptés.
Sur le plan social, l’IA modifie profondément le marché du travail. Alors que certains parlent d’une « substitution massive » des emplois par les machines, la réalité est plus nuancée : la digitalisation du travail est en marche, souvent déléguée à un réseau de microtravailleurs précaires, principalement dans des pays à bas revenus. Ce « digital labor », essentiel au fonctionnement des systèmes d’IA, est souvent invisible, non protégé et rarement soumis à des normes sociales. De plus, les biais algorithmiques, notamment en matière de genre, d’origine ou de classe sociale, demeurent insuffisamment traités, aggravant les inégalités dans des domaines tels que le recrutement et l’accès au crédit.
Ces problématiques, déjà identifiées, nécessitent une gouvernance plus rigoureuse et un cadre réglementaire renforcé, notamment au sein de l’Union européenne, avec l’IA Act et les nouvelles obligations en matière de reporting de durabilité.
Actuellement, 75 % des entreprises utilisent déjà l’IA dans leurs pratiques de reporting financier. Par ailleurs, l’investissement privé dans l’intelligence artificielle a atteint un niveau plus de dix fois supérieur à celui de la fin des années 2010.
Source : Novethic
