Le village olympique et paralympique : une course gagnée, un héritage à suivre
Le 16 juin 2026, Éric Jeansannetas, rapporteur spécial de la mission « Médias, livre et industries culturelles », a présenté les conclusions de son contrôle budgétaire consacré au village olympique et paralympique des Jeux de Paris 2024. La livraison du village des athlètes et du village des médias est considérée comme l’une des principales réussites opérationnelles des Jeux.
La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solidéo) a joué un rôle clé dans cette réussite en imposant aux maîtres d’ouvrage un cadre commun de délais, de coûts et de qualité. Le rapport indique qu’entre 2018 et 2025, les concours publics ont augmenté de 142,1 millions d’euros (en euros constants). En revanche, les véritables surcoûts et recalages techniques ne s’élèvent qu’à 46,3 millions d’euros, soit 6 % de la maquette initiale. Dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, il est notable que le budget ait été aussi bien maîtrisé.
L’enjeu actuel est celui de l’héritage. Les premiers habitants ont déjà pris possession des villages, et les exigences environnementales et d’accessibilité ont été supérieures aux normes habituelles. De plus, 67 % des logements du village des athlètes ont été commercialisés. Cependant, l’appropriation réelle de ces nouveaux quartiers par leurs résidents ne pourra être évaluée qu’à long terme.
Parmi les cinq recommandations adoptées par la commission des finances, le rapporteur spécial appelle à sécuriser la transmission des droits et obligations de la Solidéo avant son extinction, à consolider le suivi des engagements environnementaux et d’accessibilité en conditions réelles d’usage, ainsi qu’à évaluer la participation de la Solidéo au Paris Fonds vert.
Enfin, le rapport tire des leçons des Jeux de Paris 2024 pour les Jeux d’hiver de 2030. Les méthodes mises en œuvre par la Solidéo représentent un héritage administratif important, qui devra être adapté à un projet plus dispersé géographiquement et soumis à un calendrier de préparation plus contraint.
Source : Rapport d’Éric Jeansannetas, 16 juin 2026.