Aujourd’hui, il n’y a plus de repères : en Tunisie, des avocats en grève exigent une réforme de la justice
En Tunisie, l’Ordre des avocats a observé une grève nationale le 18 juin 2026, après un mois de mobilisations régionales. Ce mouvement, largement suivi par la profession, est motivé par le mécontentement face à la détérioration des conditions de travail, aux dysfonctionnements du système judiciaire, ainsi qu’à l’emprisonnement de plusieurs avocats dans des affaires politiques, de corruption ou de falsification. Les avocats réclament une réforme approfondie et une modernisation du système judiciaire.
Devant le tribunal de première instance de Tunis, Anas Khaddoussi, avocat, a exprimé son amertume face à l’absence de réaction du ministère de la Justice. « Il n’y a eu aucune réaction du ministère, malgré l’appel au dialogue. On espère que le ministère va accepter le dialogue avec les avocats. Il n’y a pas d’autre solution », a-t-il déclaré.
Maître Samia Abbou, ancienne députée et militante politique, a souligné une situation sans précédent pour la justice en Tunisie. Selon elle, « De tout temps, on n’a jamais réellement connu une justice indépendante. Avant le 25 juillet 2021, il y avait encore des juges intègres. Aujourd’hui, tout est assumé, il n’y a plus de repères, on ne sait pas comment les juges appliquent la loi. »
L’Ordre des avocats, qui avait fait partie du quartet d’organisations tunisiennes lauréat du prix Nobel de la paix en 2015, doit décider de ses prochaines actions si le manque de communication avec le gouvernement persiste après cette journée de grève.
Source : RFI
