Bioplastiques : sont-ils vraiment écologiques ?

Bioplastiques : sont-ils vraiment écologiques ?

Les bioplastiques : un mot, plusieurs définitions

Le terme « bioplastique » ne dispose pas d’une définition officielle, mais il est généralement employé pour désigner deux types de matériaux. D’une part, les plastiques « biosourcés », qui sont fabriqués à partir de matières premières agricoles telles que le sucre de canne, le maïs, le manioc, la pomme de terre, ou le chardon. D’autre part, les plastiques « compostables », qui sont censés se dégrader en présence d’autres déchets organiques et peuvent être issus du pétrole.

Des biosourcés pas bio du tout

Les plastiques biosourcés présentent l’avantage de ne pas recourir au pétrole pour leur fabrication, mais à des matières renouvelables. Toutefois, leur production nécessite d’importantes ressources en terre et en eau. Par exemple, pour produire une tonne d’acide polylactique (PLA), un plastique biosourcé couramment utilisé, il faut 2,39 tonnes de maïs, 0,37 hectare de terre et 2 921 m³ d’eau. De plus, ce maïs est souvent cultivé avec des pesticides. La canne à sucre, également utilisée pour ces plastiques, provient souvent de cultures polluantes au Brésil, menaçant la biodiversité.

Un autre inconvénient majeur est que ces plastiques ne sont pas recyclables dans les filières classiques et sont fréquemment mélangés à des plastiques d’origine pétrolière. Par ailleurs, « biosourcé » ne signifie pas nécessairement compostable, car certains peuvent mettre autant de temps à se décomposer que les plastiques traditionnels.

Des bioplastiques compostables pas si compostables

Les plastiques compostables, identifiés par les labels « OK compost » et « OK compost home », nécessitent des conditions spécifiques pour se dégrader. Ils doivent être présents en faible quantité par rapport aux déchets organiques. Pour un compostage domestique efficace, des soins réguliers sont nécessaires, comme le brassage hebdomadaire et le contrôle de l’humidité. En compostage industriel, qui fonctionne à 60°C, un sac compostable peut théoriquement se dégrader en 12 semaines, mais cela dépend de la disponibilité des services de ramassage des déchets organiques, encore rares dans de nombreuses villes.

Des innovations porteuses d’espoir

Malgré un bilan environnemental mitigé, des recherches récentes donnent espoir quant à l’avenir des bioplastiques. En 2019, une étudiante anglaise a développé un bioplastique à base de peaux de poisson et d’algues rouges, qui ne nécessite pas de terres agricoles et est compostable en six semaines. En 2020, des chercheurs américains ont découvert une bactérie capable de transformer les boues d’eaux usées en polyhydroxybutyrate, un polymère biodégradable. En 2021, une autre équipe a créé un bioplastique à partir de déchets de bois, qui se dégrade en trois mois.

Conclusion

L’évaluation des bioplastiques révèle qu’ils ne constituent pas encore une solution écologique viable. Cependant, les avancées technologiques et scientifiques pourraient rendre ces matériaux plus durables à l’avenir.

Source : WE DEMAIN 100 % ado n° 3

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