Sommet international au Ghana pour avancer sur les réparations liées à l’esclavage
Le Ghana accueille un sommet international visant à définir des réparations pour l’esclavage, suite à l’adoption d’une résolution historique des Nations unies le 25 mars 2026, qui a reconnu l’esclavage des Africains comme le crime le plus grave contre l’humanité. Plus de quatre-vingts pays, dont des chefs d’État, des ministres et des représentants de la société civile, sont réunis pour établir une ligne commune sur les différentes formes possibles de réparations.
Intitulé “La prochaine étape”, ce sommet est la première grande conférence sur le sujet depuis la résolution de l’ONU. Des délégations de pays non africains, ainsi que des représentants de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes, de la Commission des réparations de la Communauté caribéenne (Caricom) et d’autres organisations, y participent également. Les présidents de plusieurs pays africains, dont le Sénégal et le Liberia, sont attendus à Accra.
Historiquement, des initiatives similaires ont été lancées, comme la Proclamation d’Abuja de 1993, qui appelait déjà à des réparations pour le colonialisme. Cependant, ces efforts étaient restés fragmentés. Le Ghana souligne que la résolution de l’ONU représente un tournant dans la réponse internationale à la traite transatlantique, remplaçant les gestes commémoratifs par une volonté de vérité historique et de dialogue.
Malgré l’adoption de la résolution, des pays tels que les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre, tandis que 52 États, dont le Royaume-Uni et l’ensemble des membres de l’Union européenne, se sont abstenus. La question demeure : ce sommet permettra-t-il de faire avancer le débat sur les réparations ?
Le choix du Ghana comme hôte est symbolique, le pays étant considéré comme “la scène du crime” de l’esclavage, d’où des millions d’Africains ont été déportés. Le Ghana a également été à l’initiative de la proposition à l’ONU reconnue comme le crime le plus grave contre l’humanité, montrant ainsi une détermination forte dans ce combat.
Enfin, ce sommet se déroule dans un contexte où des violences xénophobes touchent des ressortissants d’autres pays africains, soulignant la nécessité d’une solidarité entre les nations africaines face à ces injustices.
Source : The Guardian, Deutsche Welle.
