Juger le patriarcat : le grand procès-théâtre imaginé par Chirinne Ardakani
Dans son œuvre Holopherne doit mourir, l’avocate Chirinne Ardakani met en scène un procès fictif du patriarcat, un événement théâtral visant à interroger les structures de pouvoir qui ont historiquement opprimé les femmes. Ce procès, qualifié de féminicide et de procès de masse, se veut une représentation des injustices subies par toutes les victimes du patriarcat à travers les siècles.
Chirinne Ardakani déclare : « J’ai imaginé ce procès du patriarcat car c’est une nécessité de savoir ce que des siècles nous ont laissé en héritage : le quotidien nous le montre, des femmes continuent à mourir car elles sont des femmes. » Le Théâtre de la Concorde, qui accueille cette production, allie droit, théâtre et histoire de l’art pour donner une voix aux victimes.
Au cœur de cette audience, le personnage biblique Holopherne est mis en lumière. Général sanguinaire, il incarne le patriarcat, tandis que Judith, qui le décapite, symbolise la résistance des femmes. Le tableau Judith décapitant Holopherne d’Artemisia Gentileschi, peint au XVIIe siècle, est également un élément central du spectacle.
Le spectacle inclut un montage vidéo qui incrimine des figures de pouvoir à travers le monde, illustrant la manière dont les lois et les États ont historiquement considéré le corps des femmes comme un objet de législation. Ardakani souligne que le Code civil français a longtemps été empreint de misogynie, une situation qui perdure dans de nombreux pays.
Dans la réalité, Chirinne Ardakani est avocate pénaliste et défend des hommes accusés de crimes sexuels, tout en s’engageant activement pour les droits des femmes. Elle déclare : « Je défends l’homme mais je combats le mâle, le théâtre est un moyen pour cela. »
L’événement met en lumière la nécessité de discuter des inégalités persistantes et des violences faites aux femmes, qui restent des problématiques cruciales dans nos sociétés contemporaines.
Source : RFI
