Climatisation, ventilateur… Combien ça coûte une canicule à la maison ?
La solution du ventilateur est souvent privilégiée par les Français, étant plus pratique à installer. S’il est plus économique il est aussi le moins efficace.

MATHIEU THOMASSET / Hans Lucas via AFP

La solution du ventilateur est souvent privilégiée par les Français, étant plus pratique à installer. S’il est plus économique il est aussi le moins efficace.

EN BREF En période de canicule, la climatisation augmente considérablement la facture d’électricité. La climatisation fixe, bien que coûteuse à l’achat, est plus efficace que les modèles mobiles, qui consomment jusqu’à 2,5 fois plus d’énergie.
Les ventilateurs, bien qu’économiques, ne refroidissent pas l’air mais améliorent la sensation de fraîcheur. L’Ademe recommande de privilégier l’isolation et la protection solaire pour maintenir la fraîcheur des logements.

Quasiment 9 logements sur 10 ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs et un logement sur deux devient « une bouilloire » pendant la canicule. Alors comme ces jours-ci où 38 °C sont attendus à Paris, Bordeaux, Toulouse entre autres, beaucoup de foyers cherchent des solutions pour rafraîchir leur logement. Entre la climatisation fixe ou mobile et ventilateur, la facture d’électricité peut vite s’emballer.

· La climatisation fixe fait grimper la note

C’est l’arme la plus redoutable contre les fortes chaleurs : la climatisation fixe, aussi appelée pompe à chaleur « air air ». Elle permet de faire baisser rapidement la température d’un logement, y compris lors des nuits tropicales.

Mais il faut d’abord passer par l’investissement initial. Comptez entre 1 500 et 4 000 euros installation comprise pour une climatisation mono split, c’est-à-dire avec une unité extérieure et une unité intérieure. Pour un système multisplit capable de refroidir plusieurs pièces, la facture grimpe facilement entre 5 000 et 12 000 euros, selon la surface et la complexité des travaux.

Vient ensuite l’impact sur la facture d’électricité. La consommation dépend principalement de la puissance de l’appareil. Prenons un climatiseur de 2 000 watts (2 kW), une puissance courante pour une pièce de taille moyenne, et un abonnement au tarif de base de chez EDF à 0,1940 euro/kWh : l’utilisation de l’appareil pour une nuit de 8 heures reviendra à 3,104 euros. Ce qui revient à plus de 9 euros pour 24 heures complètes. Si on part du principe que la climatisation n’est allumée que la nuit durant un mois entier d’été, la note peut être très salée avec une hausse de l’ordre de 96 euros.

· Attention avec la moindre efficacité de la climatisation mobile

Un climatiseur mobile coûte généralement entre 250 et 900 euros. Il a l’avantage d’être prêt à l’emploi, sans travaux, mais il est énergivore et moins performant. Pour un modèle de 1 200 watts, le coût pour une nuit de 8 heures est d’environ 1,86 euro. Pour 24 heures, la note s’élève à plus de 5 euros.

Si ce calcul semble finalement attractif par rapport à la climatisation fixe, il faut prendre en compte que le résultat n’est pas le même. Il faudra consommer bien plus d’électricité avec le dispositif mobile pour obtenir la même fraîcheur qu’avec l’autre installation. Finalement, l’Ademe estime qu’un climatiseur mobile peut consommer jusqu’à 2,5 fois plus qu’un climatiseur fixe.

· Le ventilateur : solution économique mais pas la plus efficace

Les spécialistes estiment que pour une climatisation, la dépense énergétique est en moyenne 20 fois supérieure au ventilateur. S’il reste imbattable côté budget, il ne refroidit pas l’air. Il permettra seulement d’améliorer l’évaporation de la transpiration et procure une sensation de fraîcheur de 2 à 4 °C, selon les estimations. Selon l’Ademe, le coût mensuel ne dépassera pas 5 euros avec une utilisation chaque nuit. L’agence évoque une différence « minime » d’un contrat à l’autre.

Un ventilateur de pied ou de table coûte généralement entre 20 et 200 euros selon la sophistication du modèle. Ensuite, la plupart affichent une consommation entre 45 et 75 watts. Prenons un appareil de 50 watts, pour une nuit entière allumé cela ne vous coûtera que 0,08 centime. En dépit de son efficacité, la solution est donc bien plus économique.

Pour adapter ces calculs à votre logement, il faudra consulter le tarif pratiqué par votre fournisseur d’électricité, avec notamment des nuances à appliquer en cas d’heures creuses qui peuvent grandement impacter la note si la climatisation n’est allumée que la nuit. Il faudra également consulter la consommation de vos appareils, ou bien la vérifier avant l’achat si vous souhaitez limiter l’impact sur la note.

Le vrai luxe, finalement, n’est pas seulement d’avoir la clim. C’est surtout d’avoir un logement qui garde naturellement la fraîcheur. L’Ademe rappelle d’ailleurs qu’avant d’acheter un équipement, le premier levier d’économie reste l’isolation et la protection solaire.

Source : HuffPost

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