Esclavage : à Accra, l’Afrique et sa diaspora tentent de parler d’une seule voix sur la question des réparations
Réunis du 17 au 19 juin au Ghana, dirigeants africains et représentants des Caraïbes se sont rencontrés lors du premier grand sommet organisé depuis l’adoption de la résolution historique des Nations unies sur les conséquences de l’esclavage en mars dernier. L’objectif est de transformer cette avancée diplomatique symbolique en propositions concrètes.
Avant même d’entrer dans les salles du sommet, les chefs d’État ont été accueillis par deux grandes portes baptisées « Doors of Return » installées à l’entrée de l’hôtel Kempinski. Ce symbole inverse les « Doors of No Return », marquant le départ forcé vers l’esclavage, pour célébrer un retour symbolique vers l’Afrique.
Cette rencontre vise à établir une position commune sur les réparations liées à l’esclavage et au colonialisme. Pendant trois jours, les chefs d’État africains, dirigeants caribéens et représentants de la diaspora ont discuté des implications de la résolution des Nations unies sur les conséquences de la traite transatlantique.
Parmi les dirigeants présents figuraient le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le président libérien Joseph Boakai, la présidente namibienne Netumbo Nandi-Ndaitwah, et la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley. Bassirou Diomaye Faye a souligné que la question des réparations dépasse la dimension financière et vise à « restaurer la dignité » des peuples africains. Le président ghanéen John Mahama a insisté sur le rôle central de la diaspora, affirmant que « les descendants de ceux qui ont subi l’esclavage ne sont pas de simples observateurs de ce processus ».
Les discussions ont également abordé la nécessité de définir des mécanismes concrets. Mia Mottley a présenté le plan en dix points de la Communauté caribéenne (Caricom), qui inclut des mes de développement, de transfert de technologies et d’allègement de la dette. Elle a précisé que les conséquences de l’esclavage impliquent non seulement une perte de main-d’œuvre, mais aussi la perte d’idées, d’humanité, d’arts et de culture.
Dans un message vidéo, le président français Emmanuel Macron a exprimé le soutien de la France à l’initiative ghanéenne, malgré son abstention lors du vote de la résolution de l’ONU. John Mahama a annoncé la création de trois panels internationaux dédiés à la justice réparatrice, à la restitution des biens culturels et aux voies juridiques pour faire avancer ce dossier.
Les participants devraient adopter une déclaration finale à l’issue du sommet, visant à transformer l’élan créé par la résolution de l’ONU en programme d’action.
(Source : RFI)
