À Cuba, le Parti communiste veut plus de libéralisation: il a approuvé de nouvelles réformes avec moins de fonctionnaires, plus d'investissements et de privatisations

À Cuba, le Parti communiste approuve de nouvelles réformes économiques

Face aux sanctions américaines qui étouffent le pays et à la grave crise économique qu’il traverse, le Parti communiste cubain (PCC) a approuvé un ensemble de réformes visant à libéraliser l’économie. Ce paquet de réformes a été validé mercredi par la plus haute autorité du PCC, alors que l’île, sous pression de Washington, fait face à une situation économique critique.

Les réformes, récemment dévoilées par le gouvernement, ont pour objectifs d’ouvrir davantage de secteurs à l’investissement privé, d’attirer davantage de capitaux des Cubains vivant à l’étranger et de réduire la taille de l’État. Pour qu’elles soient définitivement adoptées, ces mes doivent encore recevoir l’approbation de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, qui se réunira en session extraordinaire jeudi, moins d’une semaine après l’annonce faite par le président Miguel Diaz-Canel.

Le Premier ministre Manuel Marrero a souligné que les réformes « n’impliquent en aucun cas de renoncer à la responsabilité sociale de l’État ».

Blocus américain et pression maximale

Ces annonces interviennent alors que le président américain Donald Trump applique une politique de pression maximale sur Cuba, qui est soumise à un embargo pétrolier depuis près de cinq mois. Cette situation a contribué à un effondrement économique déjà en cours, entraînant des coupures de courant généralisées et des pénuries de nourriture, de carburant, d’eau potable et de médicaments. Washington a également imposé plusieurs vagues de sanctions visant l’économie cubaine, aggravant la crise économique, sociale et énergétique que connaît La Havane depuis plusieurs années.

Plus d’entreprises et d’investissements

Le gouvernement cubain a déclaré que ces réformes devraient permettre d’atténuer la crise. Le président Diaz-Canel a précisé que le secteur privé aurait accès à une gamme d’activités « la plus large possible ». Les entreprises privées, pouvant employer jusqu’à 100 salariés, sont autorisées depuis 2021. Actuellement, environ 10 000 entreprises privées occupent une place croissante dans l’économie cubaine, représentant un tiers de la population active.

Le président a également annoncé que les Cubains, qu’ils vivent sur l’île ou à l’étranger, bénéficieraient des mêmes conditions que les investisseurs étrangers. Le gouvernement a déjà permis la création d’entreprises mixtes entre l’État et des privés.

Miguel Diaz-Canel a évoqué une « restructuration de l’appareil d’État », avec une réduction du nombre de ministères et de fonctionnaires. Un propriétaire d’un petit supermarché privé à La Havane a déclaré : « J’accueille favorablement tout changement qui contribue à ranimer le patient mourant », en référence à l’économie cubaine.

Le soutien de Raul Castro

L’ex-président cubain Raul Castro a exprimé son soutien à ces propositions, considérées comme essentielles pour relancer une économie en souffrance. Bien qu’il n’ait plus de fonction officielle, il demeure influent dans les décisions concernant l’avenir de l’île. Dans une lettre présentée lors d’une réunion plénière, il a qualifié ces réformes de « ce qui convient le mieux à la révolution à l’heure actuelle ».

Ces réformes marquent un tournant potentiel pour Cuba, confrontée à des défis économiques majeurs et à une pression extérieure croissante.

Source : BFM TV

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