Prix des carburants : que faire de TotalEnergies ? Débat entre Eva Sas et Aurélie Trouvé

Prix des carburants : que faire de TotalEnergies ?

Le coût du plein à la station-service continuera d’augmenter. Malgré l’accord entre Téhéran et Washington concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, la crise pétrolière persiste et les prix devraient demeurer élevés durant plusieurs mois.

Cette crise fragilise l’économie française et suscite un débat sur les solutions à envisager. TotalEnergies, acteur énergétique majeur en France, pourrait jouer un rôle clé pour alléger la facture des consommateurs et des entreprises. Le groupe a réalisé 5 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2026.

Auditionné par la commission des finances de l’Assemblée nationale, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a affirmé que, bien que l’entreprise échappe à l’impôt sur les sociétés en raison de ses activités déficitaires en France, elle reste « l’entreprise française qui paie le plus d’impôts sur les bénéfices au monde ». Il a également précisé que son geste commercial de plafonnement des prix à la pompe lui aurait coûté 200 millions d’euros.

Face à cette situation, plusieurs options sont envisagées : nationaliser les raffineries, taxer les superprofits ou bloquer les prix. Alternatives Économiques a réuni deux députées de gauche, l’écologiste Eva Sas et l’insoumise Aurélie Trouvé, pour discuter de ces questions.

Eva Sas propose de tripler le montant du chèque énergie, actuellement de 148 euros, pour le porter à 350 euros par an, visant les 30 % des ménages les plus pauvres. Cela représenterait un coût annuel de 2,7 milliards d’euros, mais couvrirait près d’un tiers de la population. De plus, elle suggère de doubler le nombre de véhicules électriques disponibles via le leasing social, ce qui coûterait environ 1 milliard d’euros.

Aurélie Trouvé, quant à elle, insiste sur l’urgence de bloquer les prix des carburants, une me qui ne coûterait rien à l’État et serait prise en charge par l’industrie pétrolière. Elle souligne que TotalEnergies a vendu du carburant à des prix bien supérieurs à ceux d’avant-guerre, ce qui pourrait justifier un blocage à 1,70 euro le litre pour l’essence et 1,80 euro pour le gazole.

Les deux députées s’accordent à dire que l’État doit agir pour encadrer les marges des raffineurs et des distributeurs afin d’éviter les abus et de contenir l’inflation énergétique.

La question de la taxation des superprofits est également soulevée. Aurélie Trouvé affirme que cette taxation pourrait contribuer au partage des richesses et au financement des dépenses publiques nécessaires à la transition énergétique. Eva Sas partage cet avis, ajoutant que la redistribution des profits réalisés au détriment des ménages français est indispensable.

Le débat sur une éventuelle nationalisation de TotalEnergies est récurrent. Aurélie Trouvé considère cette option comme envisageable, bien que ce ne soit pas la première solution souhaitée. Elle propose de nationaliser les six raffineries du territoire pour un coût estimé à 6 milliards d’euros. Eva Sas, en revanche, exprime des réserves sur la nationalisation en raison de son coût élevé et du risque d’un gouvernement futur pro-pétrole.

L’avenir des politiques énergétiques en France pourrait donc dépendre des décisions prises concernant TotalEnergies et la manière dont le gouvernement choisira de répondre à la crise actuelle.

Source : Alternatives Économiques

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